Dialoguons de façon permanente!!

24-03-2008

Burundi - Politique.

L’absence du dialogue ciblée comme principal point de blocage des travaux de l’assemblée nationale.

Bujumbura, le 23 mars 2008 (Net Press).Au cours d’une émission radiodiffusée sur une des stations locales, le député et président du Cndd-Fdd, Jérémie Ngendakumana s’est retrouvé dans de mauvais draps.. Lui qui croyait convaincre l’opinion par ses leçons d’hiérarchisation des intérêts de la classe politique burundaise, il a à maintes reprises été l’objet d’attaques des intervenants dans l’émission « Ku nama » de la radio Isanganiro. Pour Jérémie Ngendakumana, tous les malheurs que connaît le pays à travers les différents blocages des institutions observés ici et là sont le fruit de la lutte pour des intérêts individuels et sectaires de certains membres des partis politiques dont le Frodebu en tête. Le président du Cndd-Fdd place dans ce panier Léonce Ngandakumana et les siens comme quoi ils se préoccuperaient de leurs intérêts au détriment des intérêts nationaux qui devraient primer sur toute revendication politique ou autre.

Il aura fallu l’intervention d’un Jean-Baptiste Manwangari connu pour son expérience dans des pièges politiques pour l’entendre déclarer que l’absence d’une culture démocratique au Burundi sous la législature du Cndd-Fdd est porteuse des différents blocages des institutions. Coupé à plusieurs reprises par ses interlocuteurs, le député Manwangari n’a pas pu certes exprimée son idée d’un dialogue permanent entre les protagonistes politiques, mais, d’aucuns ont senti qu’il venait de lancer la balle dans le camp du parti au pouvoir toujours allergique à tout ce qui sent dialogue politique.

Les autres intervenants qu’il s’agisse des anciens présidents Sylvestre Ntiabntunganya et Domitien Ndayizeye ont renforcé l’idée d’un dialogue permanent entre les protagonistes pour débloquer la paralysie des institutions. L’ancien président Ndayizeye plus pragmatique que jamais a rappelé ainsi à Jérémie Ngendakumana qu’à sa sortie du maquis, l’actuel parti au pouvoir avait boudé les travaux de l’assemblée nationale de transition en réclamant que la même Alice Nzomukunda qu’il boute hors de ses rangs soit placée au poste de secrétaire de l’assemblée. « J’ai immédiatement entamé un dialogue avec les gens au pouvoir pour avoir une même lecture de la loi et en quelques temps, la question avait été résolue » a dit en substance Ndayizeye. Et l’opinion, autant que nos confrères d’Isanganiro, de se demander pourquoi Pierre Nkurunziza ne ferait pas de même pour sortir Pie Ntavyohanyuma du merdier dans lequel le plonge le parti au pouvoir.

L’ancien président Sylvestre Ntibantunganya toujours fidèle à sa stratégie de confusion dans ses interventions a appelé de son vœu au dialogue permanent. Il a cependant, pour une fois, eu le courage de déclarer que la destitution de Nzomukunda du Cndd-Fdd cache pas mal de secrets et de calculs politiques que personne ni Jérémie et Léonce Ngendakumana n’étaient prêts à déballer devant les micros et cameras de la presse. D’aucuns ont pu sentir qu’au cours de l’émission tant prisée du public, Jérémie Ngendakumana et par ricochet Pierre Nkurunziza étaient les principaux key - players pour entreprendre des initiatives d’un dialogue entre les principaux partenaires susceptibles de débloquer les travaux de l’assemblée nationale. Celles-ci passeraient nécessairement, selon plusieurs acteurs politiques, par la révision du règlement d’ordre intérieur de l’assemblée nationale pour le rendre plus compréhensible et ainsi lever les différentes ambiguïtés qu’il renferme

La Rédaction