Laurent Nkunda, «roi» du Nord-Kivu

29-11-2008

"Personne ne peut s'opposer à nous"

Laurent Nkunda, «roi» du Nord-Kivu

Que veut le chef rebelle congolais ? Prendre le pouvoir ? Faire sécession ? Ou offrir une zone d'influence au Rwanda ?


Il attend que ses soldats se soient déployés autour de la villa pour jaillir d'un 4x4 immaculé et faire une entrée triomphale, sa canne à pommeau argenté tenue comme un sceptre. Assis sagement dans la salle, notables locaux, prêtres, journalistes, chefs coutumiers l'accueillent par des applaudissements. «Je suis surpris que vous soyez là, s'amuse Laurent Nkunda. Tout le monde dit que ma folie a atteint son paroxysme.» Quand il ne cède pas à sa foi mystique, l'homme est volontiers fanfaron. Il jubile. Il peut mesurer son pouvoir à la déférence que lui témoignent ses nouveaux sujets.
En quelques semaines, le chef rebelle est devenu le roi du Nord-Kivu, cette province de l'est du Congo aussi riche que martyre, ravagée par quinze ans de guerre. Pour rencontrer les représentants de la «société civile», il a choisi Bunagana, poste perdu dans la brousse, qui marque la frontière avec l'Ouganda. Il est chez lui. Au-dessus des douanes désertes flotte son drapeau, un flambeau tenu par une main noire sur fond bleu.
Plus que le général, c'est le pasteur qui parle. Un évangélique qui officie le dimanche devant ses troupes. Il se présente comme un serviteur de Dieu, communie avec l'assistance, entonne main dans la main une chanson d'adoration : «Le Congo sera sauvé». Il a troqué son treillis et son béret pour un long manteau noir, un pull à col roulé et un chapeau à large bord. Laurent Nkunda soigne sa mise autant que sa communication.

Né en 1967 dans une famille d'éleveurs, il fait partie de ces Tutsis installés dans la région depuis des générations. Une communauté alternativement courtisée et discriminée sous Mobutu Sese Seko, qui n'a cessé de grossir au gré des conflits ethniques dans le Rwanda voisin, chaque massacre entraînant un afflux de réfugiés. Jeune, Laurent Nkunda hésite entre le ministère du Culte et le métier des armes. Trop turbulent pour le premier, il embrasse le second et rejoint le FPR (Front patriotique rwandais), la guérilla tutsie en lutte contre le régime hutu du président rwandais Juvénal Habyarimana.
Il prend part à la prise de Kigali en 1994, puis à la traque des miliciens interahamwés, les auteurs du génocide, à travers le Zaïre. Une longue marche qui aboutit au renversement du régime de Mobutu en 1997. Au cours de cette guerre, 51 membres de sa famille sont tués, selon son biographe, Stewart Andrew Scott (1). Il refuse un poste de général dans la nouvelle armée congolaise qu'il accuse de collusion avec les interahamwés. Et reprend les armes à la tête d'un Comité national pour la Défense du Peuple (CNDP).
Après avoir secouru les siens, il dit aujourd'hui avoir une «mission» : faire du Congo «un grand pays». Il dénonce sa «corruption», sa faillite. Il entend négocier d'égal à égal avec le président Joseph Kabila et menace, dans le cas contraire, de le renverser. Disciplinés, ses hommes ont réussi à mettre en fuite les forces régulières, agrégat de professionnels et de soudards. «Cette armée est à l'image du gouvernement, elle n'existe pas, dit son porte-parole, Babu Amani. Personne ne peut s'opposer à nous.»

Ses adversaires le présentent comme un exécutant de Paul Kagamé, le président rwandais, son ancien chef au sein du FPR. Le fait est que Kigali fournit aux rebelles des conseillers techniques, des uniformes, des recrues, une base arrière. «Le CNDP utilise le territoire rwandais pour contourner les positions de l'ennemi», dit-on à la Monuc, la Mission des Nations unies au Congo. «Si le gouvernement rwandais voulait stopper tout cela, il pourrait le faire très vite», ajoute un expert. Or le 26 octobre, les chars du régime de Kigali ont même ouvert le feu depuis la frontière sur l'armée congolaise. Cela ne fait pas de Nkunda une simple marionnette. «Il sait qu'il est en train de gagner, estime un diplomate. Il est donc plus difficile à contrôler.» Mais quel est son but ? Prendre le pouvoir à Kinshasa ? Faire sécession et profiter des immenses ressources naturelles de la province ? Offrir une zone d'influence à son parrain rwandais ? Il a annoncé la création d'un gouvernement avant de se rétracter. Il dirige déjà un Etat dans l'Etat, alimenté par des taxes prélevées sur les routes, les cotisations de la diaspora tutsie et divers trafics, doté d'une administration, de ministres, d'une police, d'une radio.
Soucieux d'élargir sa base, il aurait approché des personnalités de l'opposition, sans vraiment convaincre. Chacun se souvient des exactions commises par ses troupes à Kisangani en 2002, Bukavu en 2004, ou encore récemment à Kiwanja. Plusieurs heures de tueries et de pillages. «Dans les zones que nous contrôlons, soldats et populations vivent en symbiose, affirme Babu Amani. Nous enseignons que, pour nous, la richesse de nos combattants, ce sont les civils.» Un adage pris à la lettre.


(1)Le Chef rebelle Laurent Nkunda», Editions Karthala, novembre 2008.



Christophe Boltanski

Le Nouvel Observateur

La Tanzanie va naturaliser les réfugi&eacut

19-08-2008

The European Commission (EC) has signed a 4.6bn/- contract with the United Nations High Commission for Refugees (UNHCR) to support the naturalization of Burundian refugees in Tanzania. The funds will be spent on processing Tanzanian citizenship applications to be filed by 76,000 adult refugees who have been refugees in the country since 1972.

The refugees are part of some 218,000 Burundians who fled their country in 1972 and have since been living in settlements in Tabora and Rukwa regions. Last year, 20 per cent of the refugees indicated their desire to return to Burundi, while 80 per cent expressed their wish to stay in the country and apply for citizenship.

The Tanzanian government offered the refugees the right to the country's citizenship. The current population in the settlements is 208,277 refugees. "The decision by the Tanzanian authorities to offer citizenship is a unique and unprecedented act of generosity and humanity.

The EU congratulates their magnanimous gesture and has decided to help finance the putting of this into action," commented Head of EC Delegation to Tanzania, Mr Tim Clarke. Earlier this year, the UNHCR launched a two year strategy to bring to end refugee problems.

Since the launch of the strategy in March, over 36,000 adult refugees have applied for naturalization and over 12,000 have already been assisted to return voluntarily to Burundi. The contract was signed by Mr Yacoub El Hillo, on the UNHCR side, who told reporters that the whole process is expected to be concluded by the end of next year.

"No one will be forced, but we are sure that the repatriation and naturalization processes will be finished by the end of next year in a voluntary way," explained Mr Hillo. Meanwhile, on the side of other refugees, the UNHCR Representative said that Nduta Camp in Kigoma, which hosts 13,398 Burundians and Congolese refugees, is next to be closed.

On his side, Mr Clarke said that the EC was willing to play constructive role in helping the Tanzania government putting into use the facilities and areas left by the refugees. Tanzania is hosting 59,000 Burundian and 88,000 Congolese refugees, who are also encouraged to voluntarily return to their home countries, in four remaining camps in Kigoma region.

Source: http://dailynews.habarileo.co.tz/analysis/index.php

La rédaction

Le Burundi à l'heure du tourisme

11-08-2008

Burundi out to woo tourism investors

Written by WALTER ISENGED,
East African Business Week
Monday, 04 August 2008

Bujumbura, Burundi — Burundi’s private sector is initiating a major drive to boost Burundi’s tourism following many years of instability and conflict.

A voluntary drive led by group of passionate returnees, in a project dubbed “Burundi, the beating heart of Africa,” are reviving what used to be the biggest travel destination in central Africa.

The project is the brainchild of two women post graduates of travel and tourism in the UK, but are now set to return home to promote the face of Burundi.

In conjunction with the Ministry of Tourism in Burundi, through it’s technical arm of the National Tourism Board, Ms. Carmen Nibigira and Justine Kwizera, with the help of other Burundians in the diaspora, the initiative wants to see Burundi attract thousands of visitors from East Africa and the rest of the world.

First on the Agenda is a ceremony dubbed “Burundi Tourism 2008 – Agenda for Change.” Burundi president Mr. Pierre Nkurunziza and the Minister of Trade and Tourism have been invited to preside over the event to take place on August 25th, 2008.

This will launch countrywide activities dedicated to the celebration of Burundi culture and heritage.

This is also seen as an opportunity to raise awareness of the potential Burundi has and to show locals and foreigners living in Burundi that tourism is a feasible sector worth investing in.

After the launch, a three-day familiarization tour of Burundi will then follow.

This is going to be an opportunity for the participants to see what Burundi has to offer and also see the challenges faced as a post conflict nation.

Among the invited participants for the tour are East African Community tour and travel officials, four from England, one Cypriot, two Spaniards and three Poles.

Among them are experts in the field of Travel and Tourism, members from the Hotel industry, tour operators and journalists.

The week will conclude with a conference and workshops on Friday the 29th dedicated to promotion of tourism in Burundi.

In an interview, Mr. Edouard Bagumako, assistant to the director in the national tourism board in charge of Tourism Promotion, private initiatives and Burundi tour told East African Business Week that government holds this project dear and will give whatever is at it’s disposal to promote this cause. Already, the Tourism Board has offered it’s office space and personnel to handle issues of coordination and logistics.

Ms Elsa Nibigira, one of the women behind this initiative, is optimistic about the success of the project. “For a long time, people did not know about the potential of Burundi. Whilst other countries may offer safaris because they have big game parks, Burundi offers eco-tourism, cultural tourism and leisure in a very attractive setting,” she says.

The private sector in Burundi has also been invited to participate both for sponsorship and to help in the participation and organization.

Five companies have so far responded positively. These include Hotel Club du Lac which is hosting the conference, Hotel Amahoro, MKM, Finbank and SOCAR.

GN

L'Afrique est ruinée ? La Chine est preneu

20-05-2008

"L'Afrique est ruinée ? La Chine est preneuse"

LE MONDE | 19.05.08

(1er partie)

Le dernier acte de la mondialisation se joue loin des yeux occidentaux. Ses acteurs ? Des milliers de migrants chinois qui s'installent partout en Afrique pour construire, produire et commercer. Serge Michel et Michel Beuret, avec le photographe Paolo Woods, sont allés à leur rencontre. Nous publions des extraits du prologue de leur livre, qui paraît mardi 20 mai. La Chinafrique, Pékin à la conquête du continent noir, photographies de Paolo Woods. © Editions Grasset & Fasquelle, 2008.

"Ni hao, ni hao." Nous marchions depuis dix minutes dans cette rue de Brazzaville quand une joyeuse pelote de petits Congolais s'est arrêtée de courir après un ballon pour nous saluer. Les Blancs, en Afrique, ont l'habitude des "hello mista !", des "salut toubab !" ou des "Monsieur Monsieur !". Mais ces enfants, alignés et souriants au bord de la rue, ont enrichi le répertoire. Ils ont crié "ni hao, ni hao", bonjour en chinois, avant de reprendre leur jeu. Pour eux, tous les étrangers sont chinois.

Quelques centaines de mètres plus loin, une société chinoise était en train de construire le nouveau siège de la télévision nationale congolaise, un bâtiment de verre et de métal comme tombé du ciel dans ce quartier populaire. Et à l'entrée de la rue, cette même société érigeait une villa somptueuse pour un membre du gouvernement, sans doute en remerciement de l'attribution du chantier de la télévision. En ville, d'autres compagnies chinoises mettaient la dernière main au nouveau ministère des affaires étrangères et de la francophonie et bouchaient les trous d'obus dans les bâtiments touchés par la guerre civile.

A 2 250 km au nord-ouest de là, dans la banlieue de Lagos, au Nigeria, l'usine Newbisco passait pour une malédiction. Fondée par un Britannique avant l'indépendance de 1960, cette unité de production de biscuits secs a changé souvent de mains, aucun propriétaire n'étant capable de la tenir à flot dans un pays où les exportations pétrolières et la corruption étouffent toute autre activité économique. En 2000, son avant-dernier patron, un Indien, a revendu Newbisco en état de ruine à l'homme d'affaires chinois Y. T. Chu. Lorsque nous sommes entrés dans l'usine, un matin d'avril 2007, une odeur de farine et de sucre flottait dans l'air. Les tapis roulants charriaient chaque heure plus de trois tonnes de petits biscuits aussitôt emballés par des dizaines d'ouvrières. "Nous couvrons à peine 1 % des besoins du marché nigérian", a dit Y. T. Chu en souriant. Les reporters rentrent souvent d'Afrique avec des histoires dramatiques d'enfants affamés, de conflits ethniques et de violences incompréhensibles. Nous avons bien sûr été témoins de tout cela lors de nos reportages en Afrique ces dernières années, mais, cette fois, au moment de commencer la rédaction de ce livre, ce sont les images d'une Afrique nouvelle qui nous passent devant les yeux : les enfants de Brazzaville qui saluent en chinois, l'usine de biscuits de Lagos ou encore l'autoroute construite au Soudan, que nous avons empruntée à l'été 2007.

Nous roulions depuis deux heures entre Khartoum et Port-Soudan lorsqu'un passage du livre de Robert Fisk nous est revenu en mémoire. En 1993, c'est dans un village à gauche de cette route que le reporter britannique avait rendez-vous avec Oussama Ben Laden, réfugié au Soudan après avoir appelé à la guerre sainte contre les Américains en Arabie saoudite. Pour remercier ses hôtes soudanais, il a expliqué à Fisk qu'il allait construire une nouvelle route de 800 km entre la capitale et le grand port. En 1996, le terroriste est obligé de fuir à nouveau, cette fois en Afghanistan, où il a développé d'autres projets que le génie civil. Qui allait terminer son chantier ? Les Chinois. Ils prévoient même de le doubler d'une voie de chemin de fer. Arrivées massivement dans le pays dès le milieu des années 1990, les entreprises chinoises y ont déjà investi 15 milliards de dollars, en particulier dans les puits de pétrole qui fournissent aujourd'hui à la Chine jusqu'à 10 % de ses importations.

Pendant plus d'un an, nous avons parcouru des milliers de kilomètres et visité quinze pays pour raconter ce que la Chine fait en Afrique. L'idée nous trottait dans la tête depuis un certain temps, mais elle s'est imposée lors d'une rencontre impromptue avec Lansana Conté, le président de Guinée, à la fin octobre 2006. Cela faisait une dizaine d'années qu'il n'avait pas parlé à la presse étrangère. Pourquoi accepter de nous voir, ce jour-là, dans son village natal, à trois heures de la capitale, Conakry ? Peut-être le besoin de prouver qu'il était encore vif, alors qu'on le disait à l'agonie et que le pays se laissait gagner par le chaos. De fait, la discussion fut assez sombre, malgré le décor ravissant de sa grosse villa donnant sur son lac privé. Le président a traité la plupart de ses ministres de "voleurs" et fustigé les Blancs "qui n'ont jamais cessé de se comporter en colons". Il a fait l'éloge d'une Guinée agricole et a paru accablé par la découverte off-shore de gisements pétroliers qui, à son avis, feront de la Guinée un pays plus corrompu encore.

Une seule fois, le visage présidentiel s'est éclairé : lorsque la discussion a glissé sur les Chinois. "Les Chinois sont incomparables ! s'est exclamé le vieux général. Au moins, ils travaillent ! Ils vivent avec nous dans la boue. Il y en a qui cultivent, comme moi. Je leur ai confié une terre fatiguée, vous devriez voir ce qu'ils en ont fait !"

La présence de Chinois en Afrique n'est plus une surprise. Ces quatre ou cinq dernières années, nous les avions vus progresser un peu partout lors de nos reportages en Angola, au Sénégal, en Côte d'Ivoire ou au Sierra Leone. Mais le phénomène a changé d'échelle. Tout se passe comme s'ils avaient d'un coup décuplé leurs efforts au point de pénétrer l'imaginaire de tout un continent, du vieux président guinéen, qui ne voyage plus que pour se faire soigner en Suisse, aux petits Congolais trop jeunes pour distinguer un Européen d'un Asiatique.

Source: Le monde.fr

"L'Afrique est ruinée ? La Chine est

20-05-2008

(2ème partie)

En quelques années, la Chine en Afrique est passée de sujet pointu pour spécialistes en géopolitique à un thème central dans les relations internationales et la vie quotidienne du continent. Et pourtant, chercheurs et journalistes continuent de brasser les mêmes chiffres macro-économiques : le commerce bilatéral entre les deux régions a été multiplié par cinquante entre 1980 et 2005. Il a quintuplé entre 2000 et 2006, passant de 10 à 55 milliards, et devrait atteindre 100 milliards en 2010. Il y aurait déjà 900 entreprises chinoises sur le sol africain. En 2007, la Chine aurait pris la place de la France comme second plus gros partenaire commercial de l'Afrique.

Ce sont là des chiffres officiels, qui ne prennent pas en compte les investissements de tous les migrants. D'ailleurs, combien sont-ils ? Un séminaire universitaire organisé à la fin 2006 en Afrique du Sud, où la communauté chinoise est la plus nombreuse, avance le chiffre de 750 000 pour tout le continent. Les journaux africains, eux, se laissent parfois aller à évoquer "des millions" de Chinois. Du côté chinois, l'estimation la plus haute vient du vice-président de l'Association de l'amitié des peuples chinois et africains, Huang Zequan, qui a parcouru 33 des 53 pays africains. Dans une interview au Journal du commerce chinois en 2007, il estime que 500 000 de ses compatriotes vivent en Afrique (contre 250 000 Libanais et moins de 110 000 Français).

Tout ces migrants-là, comme s'ils n'étaient qu'une armée de fourmis, n'ont pas de nom, pas de visage et restent muets. Le plus souvent, les journalistes se plaignent qu'ils refusent de parler. Et le ton des articles pour les décrire est inquiet, voire alarmiste, comme si l'arrivée d'une nouvelle puissance n'était qu'une calamité de plus pour le continent noir, aux souffrances déjà infinies.

Voyons les choses d'une autre façon. L'entrée de la Chine sur la scène africaine pourrait bien représenter, pour Pékin, son couronnement de superpuissance mondiale, capable de miracles aussi bien chez elle que sur les terres les plus ingrates de la planète. Et, pour l'Afrique, cette rencontre marque peut-être le rebondissement tant attendu depuis la décolonisation des années 1960, de son heure qui sonne enfin, du dernier espoir du président guinéen mais aussi des 900 millions d'Africains, le signal que plus rien ne sera comme avant. Passons les acteurs en revue.

Les Chinois d'abord. L'histoire, telle qu'on la raconte en Occident, veut qu'ils vivent depuis des millénaires une aventure tragique, essentiellement collective et confinée à l'intérieur de leurs immenses frontières. Un jour de décembre 1978, alors que l'empire du Milieu se remettait à peine des affres de la révolution culturelle, Deng Xiaoping leur a lancé un slogan révolutionnaire : "Enrichissez-vous". Vingt ans plus tard, c'est devenu le credo d'un milliard 300 millions de Chinois et, pour une partie d'entre eux, c'est chose faite. Pour les autres, les ruraux surtout, la vie est devenue impossible. Depuis la nuit des temps en Chine, cette catégorie-là cherche à quitter sa terre pour un monde meilleur. La diaspora chinoise, dit-on, est la plus nombreuse au monde, avec 100 millions de personnes, et la plus riche. (...) Jusqu'en 2000, Pékin tentait encore de freiner le mouvement, afin de ne pas entacher l'image du régime. Aujourd'hui, il l'encourage, en particulier pour les braves qui veulent tenter leur chance en Afrique. Dans l'esprit des dirigeants chinois, et singulièrement dans celui du président, surnommé parfois Hu Jintao l'Africain, l'immigration est même devenue une partie de la solution pour faire baisser la pression démographique, la surchauffe économique, la pollution. "Nous avons 600 rivières en Chine, 400 sont mortes de pollution, affirmait un scientifique dans Le Figaro, sous couvert de l'anonymat. On ne s'en tirera pas sans envoyer 300 millions de personnes en Afrique !"

Ils sont pour l'instant des centaines de milliers à avoir fait le grand saut.

Et c'est ainsi que s'achève, dans le plus grand silence, l'une des dernières étapes de la mondialisation et la rencontre des deux cultures les plus éloignées que la terre puisse porter. En Afrique, leur nouveau Far West, les Chinois découvrent à tâtons les grands espaces, l'exotisme, le rejet, le racisme, l'aventure individuelle - voire intérieure. Ils comprennent que le monde est plus complexe que ne le décrit le Quotidien du peuple. Ces migrants-là se retrouvent tantôt prédateurs, tantôt héros de leur propre histoire, conquistadors ou samaritains. Ils ont, bien sûr, tendance à rester entre eux, à manger comme chez eux, ils ne font pas l'effort d'apprendre les langues autochtones ni même le français ou l'anglais et affichent souvent une moue de dégoût à l'idée d'épouser les coutumes locales, sans parler d'une femme africaine !

A force de s'être enfermés derrière leurs grandes murailles durant des millénaires, les Chinois auraient perdu l'envie de s'adapter aux autres civilisations ou de cohabiter avec elles. Mais aucun ne reviendra indemne d'Afrique. Leurs voyages, leurs découvertes ébranlent désormais l'inertie de la Chine autant qu'a pu le faire, dans les années 1980, sa conversion au capitalisme. Ces Chinois-là feront naître de nouvelles idées, de nouvelles ambitions.

D'ailleurs, leur gouvernement, lui aussi, change depuis qu'il a intensifié sa présence en Afrique. Très attaché à sa devise de "non-ingérence" dans les affaires intérieures, il se rend compte progressivement qu'un soutien trop affiché à certains dictateurs peut lui causer un tort considérable. C'est ainsi que Pékin, après avoir été le plus sûr allié de Khartoum ou de Harare, tente aujourd'hui de freiner l'élan guerrier du Soudan au Darfour et n'aide plus Robert Mugabe, le dictateur zimbabwéen, qu'au compte-gouttes.

L'Afrique, ensuite. Les puissances coloniales l'ont pillée jusqu'en 1960, avant de pérenniser leurs intérêts en y soutenant ses régimes les plus brutaux. L'aide, que l'on estime à 400 milliards de dollars pour toute la période 1960-2000 (400 milliards, c'est l'équivalent du PNB de la Turquie en 2007, mais aussi des fonds que l'élite africaine aurait cachés dans les banques occidentales), n'a pas produit l'effet escompté et aurait même, selon une théorie en vogue, empiré les choses. Il n'empêche, l'Afrique n'a survécu que grâce au sentiment de culpabilité des Occidentaux, qu'elle a fini par décourager. En faisant échouer tous les programmes de développement, en restant la victime éternelle des ténèbres, des dictatures, des génocides, des guerres, des épidémies et de l'avancée des déserts, elle se montre incapable de participer un jour au festin de la mondialisation. "Depuis l'indépendance, l'Afrique travaille à sa recolonisation. Du moins, si c'était le but, elle ne s'y prendrait pas autrement", écrit Stephen Smith dans Négrologie. Avant de poursuivre avec ces mots terribles : "Seulement, même en cela, le continent échoue. Plus personne n'est preneur."

Erreur, la Chine est preneuse. Pour alimenter sa croissance démesurée, la République populaire a un besoin vital en matières premières dont le continent regorge : le pétrole, les minerais, mais aussi le bois, le poisson et les produits agricoles. Elle n'est pas rebutée par l'absence de démocratie ni par la corruption. Ses fantassins ont l'habitude de dormir sur une natte, de ne pas manger de la viande tous les jours. Ils trouvent des opportunités là où d'autres ne voient que de l'inconfort ou du gaspillage. Ils persévèrent là où les Occidentaux ont baissé les bras pour un profit plus sûr. La Chine voit plus loin. Ses objectifs dépassent les anciens prés carrés coloniaux et déploient une vision continentale à long terme. Certains n'y voient qu'une stratégie, apprise de Sun Tsu : "Pour battre ton ennemi, il faut d'abord le soutenir pour qu'il relâche sa vigilance ; pour prendre, il faut d'abord donner." D'autres croient sincèrement aux partenariats "gagnant-gagnant", ce leitmotiv de la propagande de Pékin. De fait, la Chine ne fait pas que s'emparer des matières premières africaines. Elle écoule aussi ses produits simples et bon marché, retape les routes, les voies ferrées, les bâtiments officiels. Manque d'énergie ? Elle construit des barrages au Congo, au Soudan, en Ethiopie, et s'apprête à aider l'Egypte à relancer son programme nucléaire civil. Besoin de téléphone ? Elle équipe toute l'Afrique de réseaux sans fil et de fibres optiques. Les populations locales sont réticentes ? Elle ouvre un hôpital, un dispensaire ou un orphelinat. Le Blanc était condescendant et m'as-tu-vu ? Le Chinois reste humble et discret. Les Africains sont impressionnés. Plusieurs milliers parlent ou apprennent aujourd'hui le chinois. Beaucoup d'autres admirent leur persévérance, leur courage et leur efficacité. Et toute l'Afrique se réjouit de cette concurrence qui casse les monopoles des commerçants occidentaux, libanais et indiens. (...)

La Chine en Afrique est donc plus qu'une parabole de la mondialisation, c'est son parachèvement, un basculement des équilibres internationaux, un tremblement de terre géopolitique. S'y installe-t-elle au détriment définitif de l'Occident ? Sera-t-elle pour le continent des ténèbres la lumière providentielle ? L'aidera-t-elle à prendre enfin sa destinée en main ? Pour répondre à ces questions, nous le savions, quelques articles ne suffiraient pas. Il fallait aller sur place, sillonner l'Afrique de part en part, aller à la rencontre des Chinois et des Africains, se mettre dans la peau des uns et des autres ; il fallait écrire ce livre...

source: Le monde.fr

La descente aux enfers du Zimbabwe.....

17-05-2008

Zimbabwe: Emission de nouveaux billets de banque

Alors que l'inflation fait rage au Zimbabwe, la banque centrale du pays a émis, jeudi, un nouveau billet de 500 millions de zimdollars et mis en circulation des chèques spéciaux d'une valeur pouvant aller jusqu'à 50 milliards de dollars pour les agriculteurs.

Cette mesure est une réaction à la poussée inflationniste dont le taux a atteint 165.000 pour cent lors du dernier décompte en février.

Il devrait tourner autour de 400.000 pour cent actuellement, ce qui en fait le taux le plus élevé du monde.

La semaine dernière, la banque centrale avait émis des billets de 100 millions et de 250 millions de zimdollars, ce qui en faisait les plus gros billets du moment.

En plus de ce nouveau billet de 500 millions de zimdollars, la banque centrale a mis en circulation des chèques de 5 milliards, 25 milliards et 50 milliards de zimdollars sous la forme de billets de banques.

Ils seront utilisés de la même manière que du liquide pour les transactions quotidiennes.


Hausse de la production de nickel et de platine au Zimbabwe

Economie - Alors que la crise économique fait rage au Zimbabwe, la production de nickel et de platine a augmenté dans ce pays au cours du premier trimestre de cette année, comparé à la même période de l'année dernière, a révélé une organisation de l'industrie minière.

La Chambre des mines, organisme de tutelle de toute l'industrie minière, a annoncé mercredi que la production de nickel a augmenté de 80,5 pour cent à 1.535,98 tonnes au cours du premier trimestre de cette année.

D'autres part, la production de platine a modestement augmenté de 4,6 pour cent à 1.429,42 tonnes durant la même période.

La Chambre des mines n'a pas expliqué cette hausse de la production, qui s'oppose aux dernières tendances dans ce secteur, tandis qu'une crise économique profonde, caractérisée par une inflation de plus de 165.000 pour cent, continue à ravager le pays.

Cependant, la production de cuivre a baissé de 0,11 pour cent au cours du premier trimestre de cette année à 701,46 tonnes.

Au total, le pays a tiré 302 millions de dollars de ses exportations de produits miniers au cours du premier trimestre de cette année.

Ce chiffre ne prend pas en compte les recettes de l'or.

Harare - 14/05/2008

La rédaction

La fraude électorale est contagieuse

17-04-2008

Les années 90 et la vague de démocratisation de l'Afrique sont bien loin. Tricherie électorale et suppression de la limitation des mandats se multiplient. Dans plusieurs pays, cela a entraîné des violences. Seule Madagascar a eu gain de cause.
Le Zimbabwe, après le Kenya, tombe dans l'illégalité électorale. Si aucune violence n'y a (encore ?) éclaté, la perpétuation vraisemblable du régime Mugabe, qui affame, est une violence en soi.

Le pire, c'est que ces deux pays ne sont pas des exceptions. Après la turbulente décennie des années 90, qui avait vu de nombreux régimes africains se démocratiser un peu, beaucoup ou pas du tout, à la suite de la chute du mur de Berlin - et de sa résultante : la fin de l'appui occidental inconditionnel à des dictatures pro-Ouest - ces dernières années ont amené bien des revers en Afrique.

Plusieurs pays ont ainsi connu des explosions de violence parce que leur chef d'Etat refusait de céder la place malgré une défaite électorale ou de grosses irrégularités. Ce fut le cas en Côte-d'Ivoire en 2000, quand Laurent Gbagbo s'est installé au pouvoir après un scrutin frauduleux; depuis lors, les élections présidentielles ont été reportées deux fois et il est question de répéter ce "truc" commode fin 2008. Fraude aussi en Ethiopie en mai 2005, suivie d'une révolte réprimée dans le sang. La tricherie électorale aux présidentielles de décembre 2007 au Kenya a suscité une explosion ethnico-politique qui a fait 1 200 morts et 300 000 déplacés.

La seule révolte populaire contre une fraude électorale qui ne se soit pas terminée par la victoire des fraudeurs au pouvoir est celle de Madagascar, en 2001, qui a abouti au départ en exil de l'amiral Didier Ratsiraka au profit de Marc Ravalomanana en 2002. Encore cette victoire doit-elle beaucoup à la fortune de l'opposant, millionnaire, qui put ainsi organiser la réplique aux manoeuvres du dictateur.

Une série de pays ont préféré supprimer l'interdiction, pour un chef d'Etat, de cumuler plus de deux mandats de suite, interdiction dont le but est d'empêcher l'installation de présidents à vie. Cette mesure de sauvegarde n'est plus en vigueur au Tchad d'Idriss Déby (qui a pris le pouvoir par la force en 1990), au Burkina Faso de Blaise Compaoré (qui a pris le pouvoir par la force en 1987), dans l'Ouganda de Yoweri Museveni (qui a pris le pouvoir par la force en 1986). Le président du Cameroun (depuis 1982) Paul Biya est en train de faire passer la même modification constitutionnelle par un parlement qui lui est acquis. L'ex-président du Nigéria Olusegun Obasanjo a échoué à en faire autant en 2006.

On sait que le chef d'Etat africain a généralement plus de chances de remporter des élections parce qu'il maîtrise l'appareil d'Etat et bénéficie souvent du parti pris de nombreux paysans craignant que menacer le pouvoir du président n'amène celui-ci à user de violence à leur détriment. Néanmoins, l'honnêteté des élections a été fortement contestée - sans aller jusqu'à la révolte populaire - au Nigéria en 2007, au Congo-Brazzaville en 2007, en Ouganda en 2006, au Tchad en 2001 et 2006, en Zambie en 2006, au Mozambique en 2005, au Togo en 2005, au Liberia en 2005.

Enfin, restent les dinosaures qui n'ont jamais été ébranlés, tels Obiang Nguema en Guinée Equatoriale, neveu du premier chef d'Etat de ce pays et qui accorde tous les postes de pouvoir à sa famille; Issaïas Afeworki en Erythrée; le général Lansana Conté en Guinée Conakry; le colonel Omar El Bechir au Soudan; Eduardo Dos Santos en Angola.

Marie-France Cros

source: lalibre.be

Aube de la Démocratie° 112

05-04-2008

LE TORCHON BRULE TOUJOURS AU SEIN DU GOUVERNEMENT ….

On ne le dira jamais assez la structure actuelle du Gouvernement cause un grand préjudice au bon fonctionnement de cette institution. En effet, le conflit de compétence entre les ministres et les vice-ministres freine ou paralyse l’action du Gouvernement. L’opinion tant nationale qu’internationale obnubilée par la crise à répétition qui frappe l’Assemblée Nationale ne prête aucune attention sur le malaise qui secoue l’exécutif. Et pourtant la Ministre ayant en charge la communication et les relations avec le parlement a elle aussi, reconnu implicitement ce lundi 24 mars 2008 que la machine du Gouvernement n’est pas encore totalement sur les rails. A ce titre elle a précisé que son absence au parlement procède du fait que son Ministère n’a pas encore un Département devant s’occuper du volet « Parlement ». Cette lacune avouée par la porte parole du Gouvernement dévoile au grand jour ce que tout le monde murmurait à voix basse : notre Gouvernement, 4mois après n’a pas encore arrêté les politiques sectorielles des différents départements ministériels et une structure conséquente.

Cette confession de madame Afsa MOSSI est très grave. Elle est grave surtout quand elle doit justifier la raison qui pousse le Gouvernement à se mettre au balcon au moment où l’Assemblée Nationale est dans de sérieuses difficultés.
Cependant, comparé au torchon qui brûle entre les ministres et leur Vice-ministres la faute avouée de la ministre Afsa MOSSI devient bénigne. En effet, le disfonctionnement est tellement profond que le 18février 2008, tous les vice-ministres, toutes les sensibilités politiques confondues ont adressé une lettre au formateur du Gouvernement. Dans cette correspondance ils relèvent les inquiétudes relatives à l’exécution de leur mission au sein du Gouvernement :

« INQUIETUDES DES VICE-MINISTRES RELATIVES A L’EXECUTION DE LEUR MISSION AU SEIN DU GOUVERNEMENT

0. Nous avons pris connaissance à titre informel du projet de décret portant missions des Ministres et celles des Vice-ministres. Permettez-nous, Excellence, de vous présenter nos inquiétudes par rapport à ce document eu égard à la constitution et au décret de la mise en place du gouvernement.

1. Cela fait trois mois que le gouvernement actuel a été mis en place. Dès les premiers jours, on a assisté à quelques blocages institutionnels dus à une dualité des missions des Ministres et celles de Vice-Ministres. La pomme de discorde se trouve dans la dénomination même des ministres et des Vice-Ministres. En pareille circonstance, c’est le Législateur Suprême et formateur du Gouvernement qui devrait donner des indications sur la délimitation des missions des uns et des autres.




2. C’est dans ce sens qu’une commission ad hoc fut mise sur pied pour proposer des solutions permettant au gouvernement de fonctionner, car il faut l’avouer, nous assistons des fois à des décisions contradictoires entre certains Ministres et Vice-ministres qui à la longue paralyseront tout l’Exécutif.

3. La solution proposée par la première commission était simple et se résumait comme suit : dans un cadre de concertation permanente, les ministres couvrent tous les domaines non couvert par les Vice-Ministres. Cette solution n’a pas plu aux Ministres qui pensaient que les Vice-ministres empiétaient sur leurs domaines de responsabilité, et à juste titre.

4. Le projet actuel inquiète à plus d’un titre les Vice-ministres : outre que ce texte est en contradiction avec la Constitution (nous y reviendront plus loin), il est basé sur des concepts impossibles à appliquer : les « limites de la Constitution », la « compétence partagée » et l’ordonnance conjointe », « autorité hiérarchique conjointe », initiative est réservée au seul Ministre », etc.

5. La Constitution ne limite pas la compétence des Vice-ministres auxquels elle reconnaît les mêmes responsabilités que les ministres devant le Chef de l’Etat (Article 133). Par ailleurs, le terme « Ministre » et l’ « ordonnance conjointe », « autorité hiérarchique conjointe », « initiative est réservée au seul Ministre », etc.

6. La « compétence partagée » risque de diluer cette même compétence et la rendre sans effet en ce sens que, soit personne ne se sentira responsable, soit le Ministre aura compétence universelle au détriment du Vice-ministre qui se retrouvera sans aucune attribution. Cette crainte est fondée car, dès le début, les Ministres ont considéré les Vice-ministres comme leurs subordonnés :

o des Ministres se sont mis à annuler systématiquement les décisions des Vice-ministres ;
o des Ministres se permettent de s’adresser à tous les directeurs généraux en ignorant les vice-Ministres dont ils dépendent ;
o des Directeurs Généraux se sont sentis dans leur droit de donner des injonctions aux Vice-ministres ;
o des Ministres organisent des activités englobant les domaines des Vice-ministres sans requérir leur avis ;
o Etc.


7. S’agissant de l’autorité hiérarchique conjointe, elle est difficilement applicable.

8. De même, dans le climat actuel la « compétence partagée » n’est pas à recommandé. Les Ministres et Vice-Ministres devraient comprendre qu’ils servent tous le même pays et tout faire pour favoriser le bon fonctionnement du gouvernement. Ils peuvent se concerter mais les compétences devraient être séparées.

9. L’Ordonnance conjointe » est d’office vouée à l’échec, dans la Mesure où le Ministre voudra toujours imposer sa volonté dans les matières dévolues au Vice-Ministre. Il y aura toujours des blocages. Il faudra toujours recourir à des arbitrages dont les règles ne sont pas encore fixées.

10. L’autorité hiérarchique conjointe n’est pas non plus possible car elle serait seulement de nom en ce qui concerne les Vice-Ministres.

11. Si en plus le Vice-Ministre doit assurer l’intérim du Ministre en cas d’empêchement, ceci consacrera davantage la subordination du Vice-Ministre par rapport au Ministre. De surcroît, rien ne garantit la bonne collaboration avec le chef de cabinet du Ministre empêché. Le Vice-Ministre risque de ne pas avoir accès à tous les dossiers, pour la bonne raison que les dossiers « sensibles » attendront toujours le retour du Ministre, au risque d’alourdir davantage la machine administrative.

12. En tant que membre du Gouvernement, le Vice-Ministre rend compte devant le chef de l’Etat (article 133 de la Constitution). Or l’esprit du nouveau texte donne l’initiative au Ministre lors des décisions conjointes avec le Vice-Ministre. Cet état de fait lie les mains du Vice-Ministre. Comment peut-il alors rendre compte au chef de l’Etat pour une initiative qui n’est pas la sienne ? A ce niveau, il faut déplorer le fait que le Vice-Ministre n’a pas le droit de prendre des initiatives. Ce projet de décret vient contredire la Constitution (Article 133) puisqu’un membre du Gouvernement doit rendre compte à un autre membre du Gouvernement.

13. En guise de conclusion, le bilan de ces trois premiers mois a été constitué par plusieurs blocages et décisions contradictoires qui ont montré la difficulté de collaborer en cas de responsabilité partagée. Les Vice-Ministres s’inquiètent sur l’évolution actuelle qui tend à les mettre dans une position inconfortable et de sous emploi en cas de « compétence partagée ».






A notre humble avis, la proposition de la première Commission offrait une meilleure voie de sortie et ne réduisait en aucune façon les missions des Ministres qui sont déjà assez étoffées. Nulle part, la Constitution ne limite les fonctions de vice-Ministre. Nous pensons qu’il n’y a pas d’article qui limite les fonctions d’un membre du Gouvernement ou qui met l’un sous l’autorité de l’autre. Les articles 133, 134 et 135 de la Constitution stipulent sans équivoque les responsabilités des membres du Gouvernement. L’article 126 ne limite pas non plus les pouvoirs des Vice-Ministres.

14. Si nécessaire, une modification de la dénomination des Ministres apporterait plus de compréhension et de clarté.

Fait à Bujumbura, le 18 février 2008


(Sé) Vice-Ministre chargé de Monsieur MBERAMIHETO Ernest
l’Enseignement de Base et secondaire

(Sé)Vice-Ministre chargé des Travaux Monsieur BUREGURE Elias
Publics et de l’Equipement

(Sé)Vice-Ministre chargé du Monsieur Pierre MUPIRA
Développement Communal

(Sé)Vice-Ministre chargé Monsieur Abdallah TABU MANIRAKIZA
de la Planification

(Sé)Vice-Ministre chargé de la Lutte contre Madame Spéciose BARANSATA
le SIDA

(Sé)Vice-Ministre chargé des Droits de la Madame Rose NDUWAYO
Personne Humaine et du Genre

(Sé)Vice-Ministre chargé des Affaires
de la Communauté Est Africaine Ing. Déogratias NDUWIMANA »

Ces inquiétudes ont été relevées par les seuls 7 Vice-ministres. Imaginons un scénario où en retour les sept autres ministres adresseraient une autre correspondance au Chef de l’Etat dans laquelle ils brosseraient eux aussi les malheurs qu’ils endurent à cause des Vice-ministres ! Dores et déjà les ministres comme KANYENKIKO Anatole et Saïdi KIBEYA qui vivent au quotidien cette situation inconfortable ne manqueraient pas des avis et considérations à mettre dans une correspondance du genre.

En tout état de cause le Chef de l’Etat devrait mettre la main dans la pâte afin de rectifier le tir et remettre les pendules à l’heure ; ceci éviterait au peuple burundais un deuxième foyer de tension au sein des institutions. En effet, quand 7 membres du Gouvernement décident d’écrire au Président de la République, cela veut dire qu’il y a le feu.

CUBAHIRO Chimène








































UNION INTERPARLEMENTAIRE INTEPELLE RUFYIKIRI ET NTAVYOHANYUMA

Ce jeudi 27 mars 2008, la Radio Isanganiro a sorti un éditorial qui avait pour objet de tirer le Président de l’Assemblée Nationale de son sommeil. Car au regard du blocage de cette institution le silence de l’honorable Pie NTAVYOHANYUMA est coupable. Elle est aussi coupable cette banalisation de l’attaque à la grenade contre des élus ; une banalisation qui est sorti de la bouche du Président du CNDD-FDD. A ce sujet son propos était tellement cynique qu’il a semblé regretté que ces attaques n’aient pu occasionné des dégâts humains.

Heureusement que des organisations internationales comme les Nations Unies, l’union européenne et l’union interparlementaire ne banalisent pas ces forfaits. Ces organisations sont plutôt préoccupées par cette dégradation de la sécurité des élus. C’est dans cette optique que l’union interparlementaire a adressée 11 mars 2008 aux présidents des deux chambres du parlement une correspondance qui tranche avec le silence et le cynisme susmentionnés. Voici la teneur de cette lettre :



UNION INTERPARLEMENTAIRE INTER-PARLEMENTARY UNION

CHEMIN DU POMMIER 5
CASE POSTALE 330
1218 LE GRAND-SACONNEX/GENEVE (SUISSE)

TELEPHONE (41.22) 91941 50
FAX (41.22) 91941 60
E-mail postbox@mail.ipu.org

CONFIDENTIEL

COMITE DES DROITS DE L’HOMME DES PARLEMENTAIRES

Genève, le 11 mars 2008

Messieurs les Présidents,

Il nous a été rapporté l’attentant à la grenade perpétrée le 8 mars dernier contre plusieurs membres de l’Assemblée Nationale burundaise, dont MM Pasteur Mpawenayo, Mathias Basabose, Zaituni Radjabu, Léonard Nyangoma et Mme Alice Nzomukunda. Les attentats répétés contre des parlementaires burundais portent une atteinte très grave à l’intégrité et au fonctionnement du Parlement burundais. Au nom de l’Union interparlementaire, j’adresse un message de solidarité et de compassion de la communauté parlementaire à l’endroit des parlementaires burundais et de l’institution qu’ils incarnent. J’espère que les autorités burundaises prendront toutes les dispositions qui s’imposent afin que les auteurs de ces attentats soient arrêtés et traduits devant la justice.

Je vous informe que le Comité des droits de l’homme des parlementaires, lors de sa prochaine session qu’il tiendra à l’occasion de la 18ème Assemblée au Cap (Afrique du Sud) poursuivra ou entamera l’examen des cas des parlementaires qui ont été les cibles des attentats. Aussi vous serais-je reconnaissant de bien vouloir me faire parvenir avant la session toutes informations dont vous disposeriez au sujet des mesures prises pour identifier et traduire en justice les auteurs de ces attentats. De même, le Comité vous serait reconnaissant pour toutes informations concernant la procédure et les circonstances de la destitution de Mme Alice Nzomukunda de son poste de Vice-présidente de l’Assemblée, situation qui a été également soumise à l’examen du Comité.

Comme je l’ai dit plus haut, les attentats perpétrés contre des parlementaires sont de nature à menacer le bon fonctionnement de votre parlement même. Je renouvelle l’engagement de l’union à continuer d’œuvrer de concert avec vous pour favoriser le dialogue et l’esprit de tolérance et de compréhension qui sont gage de l’avancement de votre institution sur la voie d’une plus grande démocratie. Aussi ai-je le plaisir de vous proposer les bons offices de l’Union interparlementaire visant à poursuivre et à renforcer le dialogue que nous avons entamé lors de la retraite organisée à Gitega au mois de juin dernier. Je crois savoir que vous aviez convenu avec mon collègue Martin Chungong, à l’occasion de la mission qu’il a effectuée à Bujumbura au mois de décembre dernier, de la convocation d’une deuxième rencontre. Dans cette perspective, je vous propose l’envoi d’une mission de bons offices de l’Union à Bujumbura dans les jours à venir. Cette mission, qui pourrait se dérouler au début du mois d’avril, pourrait permettre de réunir des acteurs clés des deux Chambres du Parlement afin d’évoquer les différents facteurs de blocage qui nuisent au bon fonctionnement de votre institution et d’envisager des solutions. La mission pourrait convenir avec vous des dates et des modalités de la convocation de la deuxième rencontre, qui devrait réunir une participation plus large. Nous avons contacté Me Yaowi Agboyibor, parlementaire et ancien Premier ministre du Togo, qui s’est montré disposé à participer à une telle mission. J’ai demandé à mon collègue, Martin Chungong, de prendre contact avec vous afin de discuter de ces propositions qui, je l’espère, rencontreront votre adhésion.

Dans l’attente de votre réponse, je vous prie de croire, Messieurs les Présidents, aux assurances de ma haute considération.

Anders B. Johnson
Secrétaire général


Jérémie NGENDAKUMANA FACE AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE : HISTORIQUE D’UNE RELATION TUMULTUEUSE ET TENDUE

Depuis que les instituions de la république sont bloquées, un silence assourdissant du Chef de l’Etat est devenu plus qu’inquiétant. En revanche, le Président du CNDD-FDD, l’honorable Jérémie NGENDAKUMANA multiplie des sorties médiatiques ; en si peu de temps il risque de battre le record des sorties médiatiques dans l’histoire de la Direction du CNDD-FDD. Cependant le contenu de ces messages intempestifs loin de rassurer le peuple burundais, il sème le trouble et désoriente l’opinion et dévoile la face cachée de l’Ambassadeur Jérémie NGENDAKUMANA, celle d’un homme qui veut supplanter toutes les institutions républicaines. En effet, l’analyse de l’usage du « je » par le numéro un du CNDD-FDD prouve que Jérémie NGENDAKUMANA veut se substituer au chef de l’Etat et au Président de l’Assemblée nationale.
« Je n’accepterai…..»
« Je ne ferais aucune concession….. »
« Je ne donnerai….. »

Logiquement et en toute honnête, à la place du « je » il devrait mettre « le CNDD-FDD » ou « le Pouvoir du CNDD-FDD ». Au demeurant, l’honorable Ambassadeur ne cache pas l’ambition d’être le centre de toutes les décisions du pays, ou le réceptacle de toutes les doléances de la République.

Peut-on donc conclure que c’est cette ambition qui a altéré les relations entre lui et le commandant Suprême ? D’une source très proche des grands décideurs du système qui nous gouverne les relations entre les deux hommes ne sont pas au bon fixe. Tout remonte au lendemain de la tenue du congrès du 7 février 2007. En effet, dans le montage qui avait été fait dans la préparation du remplacement d’Hussein RADJABU à la tête du Parti, on avait glissé un verrou dans les textes, une restriction qui interdit à tout membre du directoire du CNDD-FDD de jumeler ces attributions avec un autre mandat public. C’est ainsi que quand l’actuel patron du CNDD-FDD a été élu à ce poste, le Chef de l’Etat lui a demandé de ne pas siéger à l’Assemblée Nationale conformément au prescrit des textes régissant le parti. Mais Jérémie NGENDAKUMANA a refusé d’observer cette disposition et de se soumettre à cette injonction du numéro un burundais qui est aussi le Président du Conseil des sages du CNDD-FDD, un organe qui est au dessus de Jérémie NGENDAKUMANA. Ce refus fut le premier désaccord entre les deux élus du CNDD-FDD.

Le deuxième désaccord est né autour du remplacement de l’honorable Onésime NDUWIMANA au poste de premier Vice-président de l’Assemblée Nationale. Et c’est autour de cet événement que le noyau dit de Gitega a sorti ses griffes. A ce titre le Président du Sénat, l’honorable Gervais RUFYIKIRI aurait recommandé à Onésime NDUWIMANA d’exiger en contrepartie d’être nommé ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération internationale. Une exigence que le formateur du gouvernement a rejeté. Rappelons que ce jour du marchandage le numéro un du Sénat aurait passé beaucoup de temps au téléphone, en communication avec l’honorable NDUWIMANA à tel enseigne que son programme a accusé une heure de retard. Cette négociation était capitale pour l’axe dit de Gitega. C’est ainsi qu’après que les différentes tentatives de rentrer au Gouvernement aient été échouées, Onésime NDUWIMANA a été placé à la tête de la SOCABU. Le moment était donc venu de procéder au choix du successeur d’Onésime NDUWIMANA au bureau de l’Assemblée Nationale. Jérémie NGENDAKUMANA qui était en mission à KAMPALA a contacté le Chef de l’Etat et lui suggérait avec insistance que la député Denise SINDOKOTSE soit placée à ce poste vacant. Le Chef de l’Etat a refusé cette proposition. Hors de lui, l’honorable Ambassadeur Jérémie NGENDAKUMANA a manqué d’égards envers le commandant Suprême en lui parlant d’un ton menaçant (yaramukankamiye). Le Chef de l’Etat a dû mettre fin à la conversation téléphonique.
Des décideurs du système, irrités par cet affront de Jérémie NGENDAKUMANA lui ont coupé la bourse. C’est ainsi que quand il s’est présenté à la réception de l’hôtel à KAMPALA pour rentrer, les services de l’hôtel ont exigé qu’il paie ses factures. Mais initialement il était pris en charge. Il a dû retourner dans sa chambre et a appelé des amis à Bujumbura pour lui venir au secours. Il a donc été obligé d’y passer une nuit supplémentaire. Par la suite des hommes épris du respect de l’autorité lui ont rappelé qu’il y a des façons de s’adresser au Chef de l’Etat.

Ce deuxième incident consommé, les relations seraient devenues froides. C’est ainsi que les subsides que le Président du Conseil des sages donnait habituellement au parti ont été coupés. Dès lors une gestion d’austérité s’est installé au CNDD-FDD : seuls quelques privilégiés bénéficieraient du quota habituel du carburant ; le journal INTUMWA serait lui aussi tombé sous le coup de cette austérité. Pour combler ce déficit la Direction du CNDD-FDD aurait réuni des opérateurs économiques pour un appel de fonds ; les fonctionnaires ont été eux aussi obligés de verser la dîme. De ce côté il y a une grogne, les intéressés se plaignent que ces cotisations les saignent à blanc.

A côté de ce robinet qui a été fermé, le Président du CNDD-FDD, qui avait presque paralysé les pourparlers entre le FRODEBU et le pouvoir a été mis à l’écart. C’est ainsi que la Direction du FRODEBU a rencontré à plusieurs reprises le Président de la République en compagnie de son porte parole. La consigne était claire : « pas un mot à Jérémie NGENDAKUMANA ! ». Ce dernier a au coeur des discussions tentés à plusieurs reprises de sonder son collègue du FRODEBU pour savoir les termes du compromis mais sans succès. C’est ainsi que profitant d’une réunion organisée par WOLPE à GITEGA, le président du CNDD-FDD a déclaré aux délégués du FRODEBU que les résultats des discussions avec le Chef de l’Etat sans le Président du CNDD-FDD seront voués à l’échec.

Dans son argumentation, il confiait qu’il attendait les deux parties à l’étape de la mise en application des accords conclus. Autant dire qu’il promettait de torpiller la mise en application effective de ce compromis.

Manifestement, il a gagné cette partie. En effet à la veille de la mise en place du Gouvernement le 13 Novembre 2007, le formateur du Gouvernement a informé le Président du FRODEBU que la structure du Gouvernement initialement convenu venait de changer subitement. Il venait d’intégrer la donne de « Vice-ministre ». D’une source proche du CNDD-FDD, cette idée a été initiée pour mettre en difficulté les délégués du FRODEBU au Gouvernement. La réalité est là : le Gouvernement du 14 novembre a deux têtes. En substance au delà de ce bicéphalisme, l’esprit et la lettre des accords conclus avec le chef de l’Etat ont été jeté dans une poubelle. A ce titre les vieux démons d’interdire les réunions du FRODEBU resurgissent avec acuité. Au demeurant la menace de l’honorable Jérémie NGENDAKUMANA de Gitega a été exécutée.

Mais d’où tire-t-il cette force ? Au CNDD-FDD on te dira que la circonscription du chef du CNDD-FDD, MURAMVYA, ne regorge pas de dinosaures au pouvoir. Dès lors Jérémie NGENDAKUMANA a choisi de s’allier avec l’axe dit de Gitega. Et dans cette circonscription il y a une étoile montante qui préside le Sénat, le Sénateur Gervais RUFYIKIRI. Celui-ci, de l’avis des analystes qui étaient présents à Kigobe lors de la présentation des vœux au Chef de l’Etat par les corps constitués, cette année il a dans son discours démontré que c’était un grand homme d’Etat. Quelques mois au paravent il a initié un programme de faire le tour de tout le pays auprès des élus locaux. Ces descentes qui étaient presque une copie collée de celles du Chef de l’Etat n’auraient pas été appréciées de la même façon au sein du Parti vainqueur des élections de 2005. Et quand l’imprésible Sénateur RUGIRA Jean Marie était à deux doigts de destituer le Président du Sénat, certains cercles du pouvoir encourageait presque ce Sénateur de Bubanza à aller de l’avant, c’était une aubaine de se débarrasser de cette figure. Aux côtés de Gervais RUFYIKIRI dans l’axe de Gitega, il faut noter la présence ou le retour en force d’Onésime NDUWIMANA devenu porte parole du CNDD-FDD, une position qui devrait logiquement être incompatible avec les fonctions de Directeur Général d’une maison d’assurance comme la SOCABU.

C’est d’ailleurs Onésime NDUWIMANA qui au cours des conférences de presse donne lecture du mot liminaire, prélude aux élucubrations pamphlétaires de Jérémie NGENDAKUMANA. Rappelons que depuis le départ d’Onésime NDUWIMANA du bureau de l’Assemblée Nationale au forceps, les relations avec le Président de la République ne sont pas très bonnes. Autant dire que l’ossature de cet axe de Gitega qui n’est probablement pas en ordre de Sainteté avec le Président de la république peut nous réserver des surprises surtout qu’à ce niveau on n’a pas cité tous les éléments constitutifs de cette ossature. Au CNDD-FDD on soupçonne déjà que le candidat de Jérémie NGENDAKUJMANA en 2010 ne serait pas celui de 2005 !

Plus grave encore, le numéro un du CNDD-FDD a dans ses sorties médiatiques de la semaine sainte évoqué un bruit de bottes qui viendrait mettre fin à la crise institutionnelle à l’Assemblée Nationale. Il a en effet déclaré que sous d’autres cieux des officiers généraux prennent leur responsabilité et mettent fin à ce genre de récréation. Mais l’intervention de l’armée pour soit disant mettre fin au pourrissement de la situation actuelle serait une aventure très dangereuse. Cela compromettrait ou annulerait purement et simplement la légalité du CNDD-FDD acquise en 2005. Mais si l’homme fort du CNDD-FDD reste sur sa lancée d’éprouver les institutions républicaines il peut s’embarquer dans cette aventure à ses risques et périls. Mais ce jour-là, le président de la République sortira de sa réserve et tapera sur la table.

Tout compte fait, un Président d’un Parti politique au pouvoir doit comprendre qu’il n’est pas le Président de la République Bis. Dans un pays il n’y a qu’un seul Chef d’Etat. Celui-ci s’appelle le père de la Nation, de toutes les parties politiques, de toutes les confessions religieuses, de toutes les ethnies, … En somme Jérémie NDENGAKUMANA doit cesser d’interférer dans les prérogatives du Chef de l’Etat, garant du bon fonctionnement des institutions ; s’obstiner à réduire le Chef de l’Etat au Président du CNDD-FDD ou penser que le Chef de l’Etat est un sous ordre du Parti vainqueur des élections équivaut à saper son action. Et au bout du rouleau tout Chef d’Etat fini par se lasser de ses agissements et prend en conséquence ses responsabilités. Et l’expérience a montré que le Président du parti sort de ce combat perdant. Jérémie NGENDAKUMANA devrait requérir l’expertise du Dr Jean MINANI. Au moins de ce côté il va lui servir de quelque chose !


NDEKATUBANE

















LE CNDD-FDD TENTE DE BRIMER LE FRODEBU, MAIS…

Le Parti Sahwanya-FRODEBU doit disparaître dans un délai maximum de six mois! Tel était le serment, des hauts responsables du parti CNDD-FDD au niveau national juste après les élections de 2005.

Fort de sa victoire sur les autres formations politiques et de sa mainmise sur toutes les institutions de la République, le Parti CNDD-FDD croyait que tout lui est permis y compris la destinée des autres formations politiques à commencer par le Parti Sahwanya-FRODEBU. A ce sujet il sied de rappeler la scène macabre au cours d’un meeting du CNDD-FDD où des Bagumyabanga ont égorgé un coq (symbole du FRODEBU) et l’ont servi à l’aigle (symbole du CNDD-FDD. Cette scène ignoble était une manifestation officielle de la haine que le CNDD-FDD vouait au FRODEBU !

Les ténors du parti CNDD-FDD ignorent que dans mauvais tout système politique se développent des contradictions qui finissent par le détruire au profit d’un nouveau système. Ce sont ces contradictions, aux allures très mortelles, qui ont conduit aux changements désordonnés au sein du CNDD-FDD intervenus lors de son congrès de février 2007 à Ngozi. Depuis cette période à ce jour, le système CNDD-FDD ne cesse de s’effondrer. Incapable de stopper l’hémorragie observée depuis lors, le parti présidentiel présente constamment des vertiges. Si cela devrait continuer, ce sera l’histoire de creuser le tombeau de l’autre tout en oubliant de fermer le sien. Et entre temps, au parti Sahwanya-FRODEBU, la vie continue.

Evidemment, il faut reconnaître qu’ils ont suffisamment essayé de torpiller le parti de Melchior NDADAYE. En effet, dès l’accession du CNDD-FDD au pouvoir, la chasse à l’homme inziraguhemuka a été érigée en mode de gestion. Même un directeur de l’école primaire ou un collecteur des taxes de marché a été limogé. De même, lors de la distribution des aides consécutives à la famine qui frappe le pays, seules les Bagumyabanga sont servis. Pour les militants du parti Sahwanya-FRODEBU, il faut d’abord prendre la carte du CNDD-FDD pour avoir droit à l’aide.
Dans beaucoup de cas, pour obtenir un emploi quelconque, la première condition est de présenter une carte de membre du CNDD-FDD. Quelle exclusion!

Malgré ces tentatives de détruire le parti Sahwanya-FRODEBU, des militants à la base quittent massivement le parti présidentiel pour rejoindre les rangs du parti de Melchior NDADAYE. Voilà ce qui inquiète le CNDD-FDD! Pour arrêter cette hémorragie qui touche cette fois-ci leur base, il faut imaginer d’autres actions pour contrer le FRODEBU. Ces actions n’émanent pas du parti CNDD-FDD seulement mais du pouvoir lui-même car elles s’opèrent en violation flagrante des lois et règlement de la République du Burundi.

La première action est une propagande orchestrée par le parti CNDD-FDD et le pouvoir selon laquelle le parti Sahwanya-FRODEBU travaille avec le PALIPEHUTU-FNL. Cette tactique avait été utilisée à l’époque des négociations par le parti UPRONA et son pouvoir lorsqu’ils propageaient que le parti Sahwanya-FRODEBU travaillait avec le CNDD-FDD au maquis. Les uns et les autres n’ignorent pas qu’il s’agit de deux formations politiques différentes avec des projets de sociétés différents. L’objectif inavoué est de prendre les inziraguhemuka comme des rebelles et de les traiter en conséquence. Effectivement, des militants du parti Sahwanya-FRODEBU sont constamment terrorisés et sont parfois tués sciemment en les prenant pour des PALIPEHUTU-FNL. C’est vraiment injuste.

La deuxième action en cours est de diviser les hauts cadres du Parti Sahwanya-FRODEBU par la corruption. Comme tout le monde l’observe aujourd’hui, le parti présidentiel n’est plus capable d’avoir une majorité dans les institutions pour pouvoir gouverner sans partage. L’hémorragie non maîtrisée en son sein en est la cause.

Dans ses tentatives de retrouver sa majorité dans les institutions, tous les moyens sont bons. Ainsi, certains élus du FRODEBU acceptent de trahir ; en conséquence ils sont soit suspendus soit exclus du parti. Les derniers exclus en date sont les Honorables Docteurs MINANI Jean et KIGANAHE Didace. En réalité, les deux docteurs étaient depuis longtemps à la solde du pouvoir et du parti présidentiel. C’étaient des taupes du CNDD-FDD au FRODEBU.

La troisième action est l’interdiction de toutes les réunions du parti Sahwanya-FRODEBU à l’intérieur du pays. Au début, les responsables du parti Sahwanya-FRODEBU croyaient que l’interdiction des réunions ici et là relevait d’un acte isolé ou d’un excès de zèle de tel ou tel Administrateur communal fanatique.
Lors des pourparlers entre la direction du parti Sahwanya-FRODEBU et le Président de la République, la liberté des partis politiques à travailler sur tout le territoire national a été reconnue. Et dans son message à la nation à l’issue de ces pourparlers, le Président de la République a instruit le Ministre ayant la gestion des partis politiques dans ses attributions de ne plus entraver les activités des partis politiques sur tout le territoire national.

Malgré ce message apaisant du Président de la République, les choses vont de mal en pis. Il est aujourd’hui clair et net que le parti CNDD-FDD a donné des mots d’ordre aux autorités territoriales d’interdire systématiquement les réunions des partis politiques en général et du parti Sahwanya-FRODEBU en particulier. Seul le CNDD-FDD est autorisé à tenir des réunions. Le gouverneur de la province Kayanza, un juriste de formation ayant exercé les fonctions de magistrat, a pris le flambeau le 20 février 2008 à Gatara en formalisant l’interdiction de toute réunion du parti Sahwanya-FRODEBU de quelque nature qu’elle soit dans sa province. Les deux lettres ci-dessous sont une preuve irréfutable :

(A scanner)

L’interdiction des réunions du parti Sahwanya-FRODEBU s’observe régulièrement dans presque toutes les provinces. La signification de cet état de chose est que le CNDD-FDD est en perte de vitesse au profit du parti Sahwanya-FRODEBU. Il redoute cette montée fulgurante qui présage une défaite du CNDD-FDD lors des consultations électorales de 2010. La déconfiture actuelle presque programmée constitue une des stratégies de barrer la route au FRODEBU en 2010. Mais ce dernier a suffisamment de ressorts pour parer à cette manœuvre. Et d’une source digne de foi le FRODEBU apprend que le CNDD-FDD veut créer un parti satellite qui serait dirigé par le Dr Jean MINANI. Ce parti se ferait passer par le FRODEBU. Le peu de crédibilité des acteurs qui montent ce projet constitue en lui-même le mobile de l’échec de ce plan. Etaient malins ils iraient consulter l’ancien Président BUYOYA et l’ancien secrétaire Général du FRODEBU, Monsieur Augustin NZOJIBWAMI ! Les deux hommes pourtant plus outillés que l’équipe actuelle n’ont pas réussi à fléchir la position du parti de Melchior NDADAYE. Toute tentative de brimer cette formation politique, père de la démocratie au Burundi se solde toujours par un échec. L’aventure se clôturera par un échec cuisant.


NDIMURUVUGO A.





















DEMOBILISATION A L’ARMEE

LE CNDD-FDD JOUE AVEC LE FEU

Depuis 1966, le Burundi a connu des régimes militaires. Seule la victoire du FRODEBU en 1993 avait mis fin à cette succession par la voie des armes. En 2005, le CNDD-FDD par la voie des urnes a été hissé au pouvoir. Malheureusement au cours de la gestion de la victoire, fort de la force des armes et des urnes la mauvaise gouvernance a ravi la vedette à toutes les vertus de la Démocratie : les droits de l’homme ont été bafoués. Des hommes politiques ont été persécutés d’autres tués ou forces à l’exil.

Cette option a fait sa route. Et tout le monde s’est tu ! Les plus cyniques parmi les Tutsi ne cessaient de répéter que c’est une affaire entre Hutu. Certains milieux diplomatiques minimisaient aussi cette situation arguant que de toutes les façons il n’y aura pas d’affrontement interethniques : « c’est une affaire entre Hutu, c’est donc pas grave.» Cette fausse perception de la situation aura probablement contribué à encourager le pouvoir du CNDD-FDD à s’enfoncer dans l’erreur. Le silence complice qui entourait certaines exactions était presque un signe d’encouragement.

Il a fallu que l’ancien Vice-président de la République, Monsieur Alphonse Marie KADEGE soit arrêté et torturé pour que certaines consciences commencent à se relever ; même à ce niveau, certains leaders politiques comme l’ancien Vice-président, l’honorable Martin NDUWIMANA n’ont pas été suffisamment sensibles. Dès lors un changement de comportement attendu n’a pas eu lieu. C’est ainsi que par la suite des grenades ont été larguées aux domiciles de certains élus du peuple.

Aujourd’hui la gestion de la question des hommes à démobiliser à l’armée si elle n’est pas bien gérée, les anciens démons risque de resurgir, le silence complice risque de faire place à un concert du crépitement d’armes. En effet, sur le tableau de la démobilisation de la Force de la défense Nationale on lit que : le total Général à démobiliser est de 3.387 hommes dont 3.217 Tutsi.

C’est probablement normal que pour une armée naguère dite monoethnique Tutsi la tendance soit celle-là. Mais pour une question aussi sensible comme la démobilisation il faut éviter la précipitation, il faut privilégier la consultation et la communication permanentes.

Or, l’intervention du Chef de cabinet civil du Président de la République, Monsieur WAGARA Melchior en dates du 17 mars 2008 et du 19 mars 2008 s’inscrit en faux contre cette sagesse ci-haut recommandée. A ce titre dans sa lettre du 17 mars adressée au Ministre de la Défense Nationale et des Anciens combattants WAGARA Melchior écrit : « …Monsieur le Ministre, s’agissant des engagements vis-à-vis des partenaires économiques, la démobilisation au sein de la FDN doit prendre fin avec le mois de juin tout en ayant démobilisé la moitié des effectifs qui doivent l’être au 31mars 2008. » Cette instruction veut dire qu’endéans 2 semaines (14 jours) le ministre devait avoir démobilisé 3387 hommes : 2= 1694 hommes. Cependant la réalité sur terrain est que le recensement qui avait été effectué est taxé d’irrégulier et exige des retouches ; ce qu’avait confirmé le Chef d’Etat Major Général Adjoint de l’armée, le Général Major Godefroid NIYOMBARE. Au lieu d’intégrer cette donnée dans le calendrier, le même Chef de cabinet civil du Président a mis en place, deux jours après cette instruction, une commission de démobilisation devant « parfaire rapidement le processus…. » C’était le 19 mars 2008. Il eut été plus élégant de laisser le soin de mettre en place cette commission au Ministre de la défense Nationale et des Anciens Combattants. Et pour cause c’est le même Ministre qui avait mis en place la première commission au mois de mai 2007. Pourquoi lui a-t-on retiré ces prérogatives ? En substances, pourquoi pour une question aussi sensible le cabinet du président n’a réservé aucune copie pour information au Premier Vice-président de la république qui a dans ses attributions le secteur de la FDN ?

En définitive se sont ces zones d’ombre qui ont provoqué la fièvre perceptible au sein de la FDN et dans certains états majors des partis politiques. A ce propos il est intéressant de lire la réaction des élus de l’UPRONA, une réaction qui démontre que ce parti de RWAGASORE face à cette menace, parole d’une même voix :

ASSEMBLEE NATIONALE
GROUPE PARLEMENTAIRE DE L’UPRONA

COMMUNIQUE DE PRESSE

Aux regards des problèmes aujourd’hui soulevés par la question de démobilisation au sein de la Force de Défense Nationale, le groupe des députés de l’Uprona à l’Assemblée Nationale porte à la connaissance de l’opinion nationale et internationale ce qui suit :
1. Le groupe exprime globalement son appréciation sur la manière dont a été conduit jusqu’à présent le processus de réforme et d’intégration au sein des corps de défense et de sécurité. Il en appelle à la sagesse et au sens de responsabilité des différents intervenants pour que les résultats qui font honneur à notre pays soient sauvegardés.

2. Le groupe des députés Uprona à l’Assemblée Nationale exprime ses vives inquiétudes au sujet du processus de démobilisation en cours au sein de la Force de Défense Nationale (FDN). A ce sujet il pose certaines interrogations qu’il partage par ailleurs avec toute opinion objective :
- Le Gouvernement peut-il prétendre clôturer le processus d’intégration par une correction des déséquilibres ethniques au sein de la FDN sans tenir compte de la prochaine intégration du FNL dans les corps de défense et de sécurité.
- Les équilibres ethniques prescrits par Constitution le sont pour l’ensemble de corps de défense et de sécurité. C’est pourquoi ceux-ci doivent s’analyser globalement : à la FDN, à la Police Nationale et ailleurs. Les déséquilibres ethniques à la Police Nationale sont patents.
- L’argument majeur avancé est celui du respect des engagements vis-à-vis des partenaires économiques. Celui-ci est-il compatible avec le non respect de la Constitution ou un risque d’échec d’intégration ?
- Des voix s’élèvent pour mettre en doute la fiabilité des chiffres du recensement sur lequel se fondent la correction des équilibres ethniques à la base de la démobilisation en cours.

3. Face à la problématique aujourd’hui posée au niveau de l’opinion, le groupe des députés Uprona rappelle que cette question doit gérée conformément aux dispositions de la Constitution de la république qui a repris les termes de l’Accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation.

4. aussi est-il fondamental de rappeler certaines de ces dispositions cardinales sur lesquelles doit constamment se fonder le processus toujours en cours de réforme et d’intégration des corps de défense et de sécurité, surtout dans la perspective d’un accord de paix avec le PALIPEHUTU-FNL.

4.1. Art.18 de la Constitution : « La fonction du régime politique est d’unir, de rassurer et de réconcilier tous les Burundais.»

4.2. Art 257 de la Constitution : « Pendant une période à déterminer par le Sénat, les corps de défense et de sécurité ne comptent pas plus de 50% de membres appartenant à un groupe ethnique particulier, compte tenu de la nécessité d’assurer l’équilibre ethnique et de prévenir les actes de génocides et les coups d’Etat ».

4.3. Art 256 de la Constitution : « La correction des déséquilibres au sein des corps de la défense et de sécurité est abordée progressivement dans un esprit de réconciliation et de confiance afin de sécuriser tous les burundais. »

5. Au regard des dispositions de la Loi Fondamentale, le groupe des députés de l’Uprona en appelle aux différentes autorités responsables de la démobilisation au sein de la FDN pour qu’elles respectent l’esprit et la lettre de la Constitution.
5.1. Cela implique que le processus de démobilisation au sein de la FDN doit prendre en compte la mise en application de l’Accord à intervenir entre le Gouvernement et le PALIPEHUTU-FNL.

5.2. La constitution prescrit des règles régissant globalement les corps de défense et de sécurité. Il est dès lors important que la question des déséquilibres éventuels à corriger doit être traitée globalement à la FDN et à la Police Nationale.

6. Au regard de l’importance de la question pour la démocratie et la sécurité de toutes les composantes de la Nation qui sont les socles de l’Accord d’Arusha et de la Constitution, le groupe des députés Uprona à l’Assemblée Nationale lance un appel pressant au Président de la République et aux différentes autorités concernées pour que la question de la démobilisation au sein de la FDN soit gérée avec sagesse et dans le respect de la Constitution spécialement en ses articles 18,257 et 258.

7. Le Groupe interpelle spécialement le Sénat pour qu’il se saisisse de la question conformément aux prérogatives que lui confère l’article 187 point 5 de la Constitution.

8. Le Groupe Uprona à l’Assemblée Nationale lance également un appel à la communauté internationale spécialement à l’Union Africaine, aux Nations Unies, à la Sous région garante de l’Accord d’Arusha pour qu’elle approche sa contribution à un achèvement heureux du processus de réforme et d’intégration des corps de défense et sécurité dans l’intérêts de la paix, de la stabilité et de la réconciliation nationale.

9. Spécialement, à l’endroit de la Banque Mondiale dont il reconnaît la contribution appréciable au programme de démobilisation et de réinsertion, le groupe Uprona à l’Assemblée Nationale demande un effort supplémentaire de flexibilité et de compréhension en faveur du respect de la Constitution et pour que soit assuré un aboutissement heureux du processus global de réforme et d’intégration des corps de défense et de sécurité.
Ainsi fait à Bujumbura, le 27/03/2008

Pour le Groupe des députés UPRONA

(Sé) Honorable NIYUHIRE Angèle


A la lecture de cette sonnette d’alarme le CNDD-FDD devrait comprendre que cette question est très sérieuse et mérite une attention soutenue. Le sentimentalisme, la passion doivent être mis à l’écart. Ainsi il serait par exemple dommage que pour une question de rivalité avec le FRODEBU, l’on décide de comprendre la sécurité du pays. A ce titre, certains analystes confient pour couper court à une supposé complicité entre le FRODEBU et le PALIPEHUTU-FNL, le CNDD-FDD serait prêt à faire toutes les concessions à ce dernier mouvement rebel. Une telle démarche, en solo, qui n’associe pas les principaux acteurs politiques a de fortes chances de ne pas aboutir. Le risque est grand de récolter l’instabilité à la place de la stabilité.

Dans ce registre, le décideur doit garder à l’esprit que l’histoire récente du Burundi recommande de facto que dans la gestion des forces de Défense et de Sécurité la complicité entre le Hutu et Tutsi doit être de rigueur. Tout autre option serait suicidaire. Evitons donc de jouer avec le feu !

BURAKEYE Juste

































Refus par l’EAC des candidats députés envoyés par le Burundi au Parlement de l’EAC : Un désastre diplomatique et politique à l’actif du Président de l’Assemblée Nationale du Burundi


La violation des règles de bonne gouvernance démocratique et des lois qui supposent gouverner nos Etats par les autorités burundaises est en train d’entraîner progressivement mais sûrement notre pays dans un désastre diplomatique et politique qu’il sera très difficile de réparer dans l’avenir. Le cas du refus par l’EAC des candidats députés envoyés par le Président de l’Assemblée Nationale du Burundi au Parlement de l’EAC en est un exemple significatif et très lourd de conséquences. En effet, en date du 6 mars 2008, le Président de l’Assemblée Nationale, l’Honorable Pie Ntavyohanyuma a envoyé une correspondance au Président de l’Assemblée législative de la Communauté de l’Afrique de l’Est, à travers laquelle il lui transmettait les prétendus candidats députés envoyés par le Burundi au Parlement de l’EAC.

Voulant davantage convaincre les autorités de l’EAC du contenu de son message dont il doutait lui-même au départ, il va faire transmettre son message officiel par des voies détournées, indignes d’une procédure diplomatique entre deux nations appartenant à une même organisation régionale. En effet, l’Honorable Pie Ntavyohanyuma va confier une mission secrète à certains députés dont essentiellement Minani Jean, Angèle Niyuhire et Kiganahe Didace pour aller transmettre cette lettre aux autorités de l’EAC mains à mains, et si besoin est, leur expliquer à leur façon et par les voies les plus convaincantes de la justesse et la légalité du contenu de ce message. Certaines sources proches d’Arusha indiquent que les mêmes pratiques de persuasion par des moyens illégaux tant chéris ces derniers jours à l’Assemblée Nationale du Burundi auraient été tentés d’être mis à contribution sans grand succès si ce n’est que couvrir le Burundi d’un grand ridicule.

Passant outre le scandale et la supercherie politiques qui avaient entouré la prétendue réunion plénière du 5 mars 2008 à l’Assemblée Nationale Burundaise au cours de laquelle les prétendus candidats burundais à l’EALA avaient été désignés unilatéralement par le Parti CNDD-FDD, sans considération aucune des nombreuses protestations qui s’en étaient suivies, le Président de l’Assemblée Nationale, animée par une maladresse diplomatique et politique hors normes, a préféré suivre les conseils qu’il croyait avisés des députés Kigahe Didace et Minani Jean, qui pour l’occasion avaient revetu la toge de Judas envers leur parti d’origine le FRODEBU. Ils lui ont fait croire qu’ils avaient de très bons contacts politiques dans l’EAC pour faire passer tout dossier aussi magouilleux et litigieux soit-il. C’est ce qu’on appelle vendre du vent. Les députés Kiganahe Didace et Minani Jean, pourtant connus de notoriété publique comme des spécialistes de la supercherie politique, ont réussi à convaincre Pie Ntavyohanyuma, qui leur a signé les frais de mission et autres frais de contact avec le sentiment d’un devoir patriotique bien accompli. De véritables champions incontestés dans leur catégorie ! Et cela, les autorités de l’EAC le savent très bien. Comment est-ce que le Président de l’Assemblée Nationale a osé s’engager sur une pente aussi glissante pour lui-même et le pays qu’il représente? Comment a-t-il osé croire un instant que ce dossier pouvait passer devant des instances pareilles ! Peut-être qu’on le saura un jour lorsqu’il va écrire ses mémoires.

Le Secrétaire Général de l’EAC, l’Ambassadeur Juma V. Mwapacha, qui certainement a entre autres missions de combattre les pratiques de mauvaises gouvernances démocratiques et économiques qui gangrènent nos Etats, a fait vite de constater la supercherie et renvoyer tout le dossier au Gouvernement burundais. Très diplomatiquement, à travers une correspondance adressée au gouvernement burundais en date du 7 mars 2008, alors que la fameuse mission secrète du Président de l’Assemblée Nationale s’était rendue à Arusha le 6 mars 2008, sans réserver même de copie au Président de l’Assemblée Nationale du Burundi, le Secrétaire Général de l’EAC a indiqué au gouvernement burundais qu’il devait suivre les procédures de l’EAC pour désigner les candidats. Il a annexé à son message, les lettres lui transmises par le Président de l’Assemblée nationale, des copies du Traité de l’EAC traitant de ces procédures comme si le Burundi ne le savait pas, ainsi que les copies des protestations qui avaient été envoyées par les Partis FRODEBU, UPRONA ainsi que l’Ambassadeur Rukara Hassan qui s’était désolidarisé dès la première heure de cette supercherie indigne d’un véritable homme politique.

Les commentaires qui viennent des milieux proches d’Arusha ne sont pas très tendres pour le Burundi en ce qui concerne ce dossier. Certains députés proches de l’EAC qui ont été au courant de ce scandale et qui n’étaient pas favorables à l’entrée du Burundi dans l’EAC voient dans cette supercherie politique une preuve parlante qu’il ne fallait pas laisser entrer le Burundi dans l’EAC.

Comme disent les français, maintenant que le vin est tiré, il faut le boire. Les conséquences de cette irresponsabilité sont lourdes pour les uns et les autres. Sur le plan diplomatique, le Burundi vient d’encaisser un très grand mauvais coup. Nous avions suffisamment mauvaise renommée avec les problèmes internes de cohérence sociale qui frappent notre pays qu’il ne fallait pas en rajouter sur le plan diplomatique. Et que dire des fameux missionnaires secrets envoyés par le Président de l’Assemblée Nationale. Certes, les députes Kiganahe Didace et Minani Jean ont été exclus du Parti FRODEBU, entre autres pour de lour

La Rédaction

L'Afrique

04-04-2008

"L'Afrique piégée par la flambée des prix des aliments" LE MONDE | 04.04.08 | 14h15

La rue africaine ne parle que de cela : les prix des denrées quotidiennes sont devenus fous. En quelques mois, la conjonction des hausses du blé, du riz, de l'huile sur les marchés mondiaux, de médiocres récoltes locales et l'absence de contrôle des prix, a accru les tensions sociales et compromis la stabilité politique.

Spectaculaire dans les villes africaines mais prégnante aussi en Asie, la flambée des prix a confirmé les propos de Jacques Diouf, le directeur général de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) prophétisant, dès octobre 2007, des "émeutes de la faim" alors que le prix moyen d'un repas de base a augmenté de 40 % en une année."Beaucoup de gens ne mangent plus qu'un plat par jour", entend-on à Dakar. "Avec 1 500 francs CFA (2,25 euros) pour nourrir ma famille, je ne sais plus quoi faire", dit une ménagère sur un marché de Bamako, au Mali.

De Douala (Cameroun) à Abidjan (Côte d'Ivoire) et du Caire (Egypte) à Dakar (Sénégal), les manifestations de rues secouent les capitales africaines et contraignent les gouvernants à prendre des mesures pour contrôler les prix.

"Gbagbo, marché est cher", "Gbagbo, on a faim", clamaient lundi 31 mars des femmes d'Abdidjan à l'adresse du président ivoirien. Des affrontements avec la police ont causé la mort d'au moins deux personnes. De fait, le prix du kilogramme de riz est passé de 250 à 650 francs CFA (de 0,22 à 0,97 euro) au cours de l'année ; celui de l'huile a augmenté de plus de 40 %. Le savon, le lait, la viande ont suivi, ce dont ne rendent pas compte les chiffres officiels (8 % d'inflation en 2007 pour l'ensemble du continent noir). "Dans les pays de la zone CFA, la hausse serait encore plus importante si le franc CFA n'était pas accroché à l'euro, une devise forte. Le coût des importations en est diminué d'autant. Les pays dont la monnaie est accrochée au dollar souffrent davantage", assure un économiste de l'Agence française de développement (AFD).

Suppression des droits de douane et baisse de la TVA : le chef de l'Etat ivoirien, comme ses homologues camerounais, sénégalais ou égyptien confrontés eux aussi à la rue, s'est engagé à faire baisser les prix en jouant sur les rares leviers que l'Etat maîtrise encore. La recette n'est pas de celles que le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale préconisent car elle pèse sur les finances publiques.

Seule la gravité de la situation a amené les institutions financières à se montrer plus accommodantes vis-à-vis des pays en développement. Le gouvernement égyptien a ajouté une mesure plus radicale : l'interdiction temporaire d'exporter le riz produit localement.

Aucun pays n'est à l'abri de troubles. A Dakar, une manifestation interdite "contre la vie chère" a dérapé dimanche 30 mars, trois mois après l'annonce de mesures pour contenir l'inflation : suppression de taxes sur le riz, création de "magasins témoin" exemplaires par la modération de leurs prix, diminution du traitement des ministres et même du chef de l'Etat. Les mesures n'ont pas produit l'effet escompté. "Les commerçants n'ont pas joué le jeu et l'Etat n'a plus les moyens de contrôler", constate Mamadou Barry, de l'ONG sénégalaise Enda.

Au Maroc, secoué lui aussi par des manifestations "contre la vie chère", des rassemblements sont prévus en avril. La marge de manoeuvre du gouvernement est réduite. Cas rare en Afrique, une "caisse de compensation", prend partiellement en charge, au Maroc, la hausse des produits de première nécessité mais son enveloppe, augmentée dans le budget 2008, sera épuisée cet été.

En Mauritanie où l'autosuffisance alimentaire ne dépasse pas 30 %, la situation est encore plus dramatique. Incapable de financer l'importation de denrées agricoles, le pays va connaître "une crise alimentaire sérieuse en 2008", a prévenu le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies.

Au Burkina Faso, une commission parlementaire "contre la vie chère" a été installée après les manifestations de la mi-mars dans plusieurs villes . Les syndicats appellent à une "grève générale" les 8 et 9 avril pour réclamer des augmentations de salaires, le contrôle des prix et la réduction des taxes sur les carburants.

Conseiller pour l'Afrique au Fonds monétaire international (FMI), Eugène Nyambal estime que la situation est le résultat des politiques prônées par les institutions financières internationales. Depuis des décennies elles ont encouragé les cultures d'exportation comme le coton, au détriment des cultures vivrières qu'il était plus avantageux d'acquérir, à bas prix, sur le marché international. Elles ont aussi poussé au démantèlement des structures de contrôle des prix. "La plupart de ces pays attendent des solutions de la Banque mondiale ou du FMI qui sont eux-mêmes dépassés par les évolutions récentes", ajoute-t-il, insistant sur les conséquences des troubles actuels sur les régimes en place qui n'ont pas développé de politique de soutien à l'agriculture locale. Jeudi soir, à l'occasion de la fête de l'indépendance, le président sénégalais Abdoulaye Wade a ainsi annoncé la relance d'un "programme national d'autosuffisance" agricole.

La Banque mondiale a fait amende honorable dans son dernier rapport annuel et mis l'accent sur la renaissance des cultures vivrières. Il faudra des années pour modifier le modèle de développement.

Philippe Bernard et Jean-Pierre Tuquoi
Article paru dans l'édition du 05.04.08.

.

Dialoguons de façon permanente!!

24-03-2008

Burundi - Politique.

L’absence du dialogue ciblée comme principal point de blocage des travaux de l’assemblée nationale.

Bujumbura, le 23 mars 2008 (Net Press).Au cours d’une émission radiodiffusée sur une des stations locales, le député et président du Cndd-Fdd, Jérémie Ngendakumana s’est retrouvé dans de mauvais draps.. Lui qui croyait convaincre l’opinion par ses leçons d’hiérarchisation des intérêts de la classe politique burundaise, il a à maintes reprises été l’objet d’attaques des intervenants dans l’émission « Ku nama » de la radio Isanganiro. Pour Jérémie Ngendakumana, tous les malheurs que connaît le pays à travers les différents blocages des institutions observés ici et là sont le fruit de la lutte pour des intérêts individuels et sectaires de certains membres des partis politiques dont le Frodebu en tête. Le président du Cndd-Fdd place dans ce panier Léonce Ngandakumana et les siens comme quoi ils se préoccuperaient de leurs intérêts au détriment des intérêts nationaux qui devraient primer sur toute revendication politique ou autre.

Il aura fallu l’intervention d’un Jean-Baptiste Manwangari connu pour son expérience dans des pièges politiques pour l’entendre déclarer que l’absence d’une culture démocratique au Burundi sous la législature du Cndd-Fdd est porteuse des différents blocages des institutions. Coupé à plusieurs reprises par ses interlocuteurs, le député Manwangari n’a pas pu certes exprimée son idée d’un dialogue permanent entre les protagonistes politiques, mais, d’aucuns ont senti qu’il venait de lancer la balle dans le camp du parti au pouvoir toujours allergique à tout ce qui sent dialogue politique.

Les autres intervenants qu’il s’agisse des anciens présidents Sylvestre Ntiabntunganya et Domitien Ndayizeye ont renforcé l’idée d’un dialogue permanent entre les protagonistes pour débloquer la paralysie des institutions. L’ancien président Ndayizeye plus pragmatique que jamais a rappelé ainsi à Jérémie Ngendakumana qu’à sa sortie du maquis, l’actuel parti au pouvoir avait boudé les travaux de l’assemblée nationale de transition en réclamant que la même Alice Nzomukunda qu’il boute hors de ses rangs soit placée au poste de secrétaire de l’assemblée. « J’ai immédiatement entamé un dialogue avec les gens au pouvoir pour avoir une même lecture de la loi et en quelques temps, la question avait été résolue » a dit en substance Ndayizeye. Et l’opinion, autant que nos confrères d’Isanganiro, de se demander pourquoi Pierre Nkurunziza ne ferait pas de même pour sortir Pie Ntavyohanyuma du merdier dans lequel le plonge le parti au pouvoir.

L’ancien président Sylvestre Ntibantunganya toujours fidèle à sa stratégie de confusion dans ses interventions a appelé de son vœu au dialogue permanent. Il a cependant, pour une fois, eu le courage de déclarer que la destitution de Nzomukunda du Cndd-Fdd cache pas mal de secrets et de calculs politiques que personne ni Jérémie et Léonce Ngendakumana n’étaient prêts à déballer devant les micros et cameras de la presse. D’aucuns ont pu sentir qu’au cours de l’émission tant prisée du public, Jérémie Ngendakumana et par ricochet Pierre Nkurunziza étaient les principaux key - players pour entreprendre des initiatives d’un dialogue entre les principaux partenaires susceptibles de débloquer les travaux de l’assemblée nationale. Celles-ci passeraient nécessairement, selon plusieurs acteurs politiques, par la révision du règlement d’ordre intérieur de l’assemblée nationale pour le rendre plus compréhensible et ainsi lever les différentes ambiguïtés qu’il renferme

La Rédaction

Le patrimoine des chefs d'Etat africains en Franc

08-03-2008


Alors que la corruption semble gagner le Burundi, cet article met en exergue le patrimoine immobilier de certains leaders africain, exemple Omar bongo, président du Gabon qui gagne 15 000 euro par mois et qui possède 150 millions d’euros de bien immobilier en France.
Faisons tout pour que le Burundi ne tombe pas dans cette gabegie.



.....LE MONDE du3 1 février 2008...........

C'est un monde enchanté où l'on vogue d'une villa de 9 pièces avec piscine à Nice à un hôtel particulier de l'Ouest parisien. Un univers surréaliste peuplé de Bugatti payées cash plus de 1 million d'euros. Un microcosme constellé d'une myriade de comptes bancaires. Oligarques russes? Rois du pétrole saoudiens? Stars d'Hollywood ? Non : chefs d'Etat africains producteurs de pétrole pour la plupart, mais dont les populations comptent parmi les plus pauvres de la planète.

Le fait que des dirigeants du continent noir investissent dans l'immobilier en France, qu'ils séjournent à Paris dans un luxe inouï, que leurs familles bénéficient de largesses financées dans la plus grande opacité n'est pas une révélation. Mais, cette fois, l'inventaire de ce patrimoine vertigineux n'est pas dressé par des militants tiers-mondistes en lutte contre la "Françafrique". Il se lit dans les 34 procès-verbaux rédigés entre juin et novembre 2007 par les policiers de l'Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF).

Cette enquête policière, dont Le Monde a pu prendre connaissance, a été ouverte par le parquet de Paris en juin 2007. Elle faisait suite à une plainte pour "recel de détournement d'argent public" déposée en mars par trois associations françaises, visant cinq chefs d'Etat : le Gabonais Omar Bongo Ondimba, le Congolais Denis Sassou Nguesso, le Burkinabé Blaise Compaoré, l'Angolais Eduardo Dos Santos, et le Guinéen Teodoro Obiang.

Au fil des centaines de pages du dossier se dessine une singulière carte du Paris africain, sorte de Monopoly où les présidents auraient jeté leur dévolu sur les artères les plus huppées. Foisonnant et cossu, le patrimoine immobilier est surtout localisé "dans des quartiers à forte valeur marchande, soulignent les policiers. Paris 16e, 8e et 7e arrondissements pour Omar Bongo et son épouse, Paris 16e et Neuilly-sur-Seine pour Jeff Bongo [un des fils d'Omar Bongo], Le Vésinet pour le frère de Denis Sassou Nguesso, Courbevoie pour Wilfrid Nguesso [neveu du président du Congo] ou Paris 16e pour Chantal Compaoré [épouse du président burkinabé]".

La découverte la plus spectaculaire se situe entre les Champs-Elysées et la plaine Monceau, dans le 8earrondissement de la capitale. Là, un hôtel particulier a été acquis le 15 juin 2007 pour la somme de 18,875 millions d'euros par une société civile immobilière (SCI). Celle-ci associe deux enfants du président gabonais, Omar Denis, 13 ans, et Yacine Queenie, 16ans, son épouse Edith, qui se trouve être la fille du président congolais Denis Sassou Nguesso, et un neveu de ce dernier, Edgar Nguesso, 40 ans.

Au total, sont répertoriés 33 biens (appartements, hôtel particulier et maisons) appartenant au Gabonais Omar Bongo ou à sa famille, et 18 autres dont le président congolais et ses proches sont propriétaires. Le patrimoine de loin le plus imposant concerne M.Bongo lui-même. Son nom est associé à pas moins de 17 propriétés immobilières, dont deux appartements avenue Foch (88 m2 et 210 m2) et un de 219 m2 lui aussi situé dans le 16e arrondissement. A Nice, une propriété "est constituée de deux appartements (170 m2 et 100 m2), trois maisons (67,215 m2 et 176 m2) et d'une piscine", précise le procès-verbal. "Un chef d'Etat, en fonctions depuis quarante ans dans un pays pétrolier et qui a des revenus officiels importants, peut économiser suffisamment d'argent pour acheter plusieurs appartements à Paris, explique Me François Meyer, avocat d'Omar Bongo et de sa famille. Surtout avec les prix très bas de l'immobilier pratiqués il y a vingt ou trente ans."

Selon les policiers, le président Bongo dispose de quatre adresses distinctes à Paris. Ali Bongo, qui est son fils et aussi son ministre de la défense depuis 1999, est également propriétaire avenue Foch tandis que son épouse Edith possède deux immenses logements dans le 7earrondissement, non loin de la tour Eiffel. De Nice à Neuilly-sur-Seine en passant – souvent – par le 16e arrondissement parisien, l'enquête recense aussi les propriétés de Jean Ping, ex-gendre d'Omar Bongo et actuel ministre des affaires étrangères, et d'autres fils du président gabonais comme Omar-Denis junior et Jeff, ainsi que de filles comme Audrey, Yacine Queenie, ou petite-fille comme Nesta Shakita.

En comparaison de ce petit empire immobilier, les autres chefs d'Etat visés apparaissent comme de petits propriétaires. Discret, le président congolais Denis Sassou Nguesso ne fait qu'"utiliser", selon les policiers, la Villa Suzette du Vésinet (Yvelines). Cette coquette demeure de 485 m2 était juridiquement la propriété de son frère Valentin, jusqu'à ce que, quelques semaines avant le décès de ce dernier à la fin 2004, elle soit cédée à une société de droit luxembourgeois aux actionnaires anonymes.

Les enquêteurs ont également répertorié un appartement de 9 pièces acheté à Paris (17e) en 2007 pour 2470000 euros par l'épouse du président congolais Antoinette Sassou Nguesso. Ils mentionnent aussi le logement de 10 pièces à 1 600 000 euros acquis en 2005 à Paris par leur fils Denis Christel, ainsi que l'hôtel particulier de 7 pièces avec piscine intérieure à Neuilly-sur-Seine acheté 3,15 millions d'euros en 2006 par Julienne, leur fille cadette.

Les mêmes policiers n'ont découvert aucun bien immobilier appartenant au président angolais Dos Santos ni au Burkinabé Blaise Compaoré. Seule la déclaration d'impôt sur la fortune de Chantal, l'épouse de ce dernier, a montré qu'elle possède deux biens immobiliers à titre personnel dans le 16e arrondissement. Dans le même quartier, le président guinéen Teodoro Obiang est propriétaire d'un appartement. Epluchant les fichiers fiscaux et bancaires, les enquêteurs de l'OCRGDF ont non seulement dressé la liste des biens immobiliers, mais aussi des comptes bancaires accueillant en France les avoirs de dirigeants africains et de leur famille.

Ainsi, Edgar Nguesso ne possède pas moins de 12 comptes dont 7 courants. Mais aucun n'apparaît au nom de son oncle, le président du Congo. Son homologue gabonais, lui, est titulaire de 11 comptes ouverts à Paris, Nice ou Créteil dont 6 comptes courants.

Dans leur élan, visiblement ébahis par leurs découvertes, les policiers ont étendu leurs investigations au domaine des voitures de luxe, qui n'était pas explicitement visé par la plainte. Chez les concessionnaires Mercedes, Bugatti ou Aston Martin, ils ont retrouvé ce qu'ils n'avaient pas obtenu pour les appartements : les chèques et les virements ayant servi aux paiements.

"Le financement de certains véhicules apparaît pour le moins atypique", notent les enquêteurs, maniant l'euphémisme à propos de "ce parc automobile conséquent". Les deux Ferrari acquises pour près de 400 000 euros par Ali Bongo, la Maybach à 424 477 euros d'Edith Bongo, les trois Bugatti à 1 million d'euros pièce fabriquées spécialement pour Teodoro Nguema Obiang, le fils du président de Guinée équatoriale, ont été payés au moyen de chèques tirés par des sociétés au profil opaque.

De même, notent les policiers, Wilfrid Nguesso, neveu du président congolais, "règle le solde d'achat d'un véhicule Aston Martin type DB9 par un virement émis par Matsip Consulting", une société de droit luxembourgeois aux associés inconnus qui apparaît également comme propriétaire de la Villa Suzette du Vésinet.

Le fils du président de la Guinée équatoriale a, lui, acheté au total en France "une quinzaine de véhicules pour un montant estimé de plus de 5,7 millions d'euros", acquittés là encore par des virements de sociétés intermédiaires. Son nom, Teodoro Nguema Obiang, a été cité en 2004 dans un rapport du Sénat américain sur les transactions suspectes couvertes par la Riggs Bank qui, à Washington, gérait alors plus de 60comptes au nom des responsables de ce petit Etat pétrolier et de leur famille.

En fait de "financement atypique", les enquêteurs français se sont vivement intéressés au chèque de 390 795 euros tiré en février 2004 par la "paierie du Gabon en France" pour régler la "Maybach 57" (une marque allemande concurrente de Rolls-Royce) de couleur "bleu Côte d'Azur" destinée à "Madame la Présidente Edith-Lucie Bongo-Ondimba". A en croire ce chèque, dont la copie figure au dossier, l'argent public gabonais financerait le véhicule de grand luxe de la première dame du pays, qui n'a pourtant aucune fonction officielle.

Le même compte de la "paierie du Gabon" ouvert à la Banque de France et utilisé pour régler les frais de fonctionnement de l'ambassade à Paris a servi à financer la moitié d'une Mercedes à 75858euros dotée d'un "toit ouvrant panoramique" achetée en septembre 2006 à Paris par Pascaline Bongo, la fille du président, qui est aussi sa directrice de cabinet. Curieusement, le reliquat de 41 370 euros a été acquitté par un chèque signé de Me François Meyer, avocat du président Bongo. "Cela peut étonner, admet Me Meyer. Mais je peux faire des cadeaux à la fille du président Bongo, que je connais depuis vingt ans." D'où vient l'argent? Au vu de ce somptueux état des patrimoines, la question de l'origine des fonds s'impose. L'apparente disproportion entre la richesse immobilière accumulée et les revenus publics des propriétaires aurait pu suggérer de poursuivre des investigations dans les comptes bancaires ayant permis pareilles transactions.

Le salaire mensuel officiellement versé par l'Etat gabonais au président Bongo ne se limite-t-il pas à 14 940 euros, selon l'hebdomadaire Jeune Afrique? Celui du président Sassou Nguesso n'est-il pas de 30 000 euros, comme l'indiquent d'autres sources? Quant à Teodoro Obiang, ministre de l'agriculture et des forêts de son père, ne perçoit-il pas officiellement 5 000 dollars (3 400euros) par mois, d'après des sources américaines? Des investigations plus approfondies auraient dépassé le cadre de l'enquête préliminaire de police. Elles supposeraient l'ouverture d'une information judiciaire et la désignation d'un juge d'instruction. Une telle perspective a été écartée par la décision de classement, notifiée le 15 novembre par le parquet de Paris. Mais le dossier pourrait être rouvert si les associations parvenaient à déposer une nouvelle plainte, assortie cette fois d'une constitution de partie civile, comme elles en nourrissent le projet. Cette formule conduit automatiquement à la désignation d'un juge d'instruction, à condition que les plaignants prouvent leur "intérêt à agir".

Même si un juge d'instruction était désigné, de sérieux obstacles surgiraient immédiatement sur sa route. Outre l'immunité dont peuvent se prévaloir des chefs d'Etat en exercice – mais pas leurs familles –, la difficulté résiderait dans la mise au jour des opérations à l'origine d'éventuels détournements. Il faudrait enquêter en Afrique, où des infractions auraient été commises, notamment dans les comptes publics. "La preuve que l'argent public a financé des dépenses privées se trouve dans le pays que contrôle précisément… le bénéficiaire", résume un spécialiste du dossier.

Trois des cinq régimes concernés bénéficient du soutien indéfectible de Paris. Cet appui, renouvelé récemment par Nicolas Sarkozy, ne devrait pas fondamentalement être remis en cause par la récente sortie de Jean-Marie Bockel, secrétaire d'Etat à la coopération, contre le "gaspillage des fonds publics" par certains Etats africains. Or une enquête destinée à faire la lumière sur d'éventuels "biens mal acquis" déborde rapidement les normes policières ou judiciaires. Elle suppose une véritable mise à nu de la relation franco-africaine.

Philippe Bernard ...

Source: Le Monde

Le "Relookage" de la franceafrique?

03-03-2008

Quel avenir pour les accords militaires franco-africains ?
L'annonce du Président Sarkozy devant le parlement sud-africain le 28 février dernier de renégocier les accords militaires signés par la plupart des pays africains francophones aux lendemains de leur indépendance avec la France, est en adéquation avec l'opinion africaine bien éclairée qui a toujours réclamer la redéfinition voire la suppression de ces accords de coopération en matière de sécurité et de défense. Accords qui ont permis à la France d'être le gendarme des dirigeants africains.

Cette annonce intervient aux lendemains de l'intervention française au Tchad où le soutien de l'armée française aux forces du président Deby, lors d'une attaque des rebelles début février, a permis à ce dernier de se maintenir au pouvoir.
Elle intervient également sept mois après le discours choquant tenu à Dakar par lequel Sarkozy avait dit que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire.

Mais pour autant, on doit rester sceptique. Car l'objectif de la politique de coopération militaire (outil de la politique étrangère d'un pays) française en Afrique a eu toujours pour objectif d'entretenir l'influence française sur le continent d'où le consensus en la matière sous toutes les Présidences (de droite comme de gauche) de la Vème République.

Les différents accords militaires

Les accords militaires signés entre la France et la plupart des pays africains francophones sont sous deux formes : les accords de défense et les accords d'assistance militaire technique.

Les accords d'assistance militaire conclus avec vingt-six pays africains permettent à la France d'intervenir dans trois domaines :
l'assistance militaire technique ;
la formation des cadres militaires africains en Afrique et en France ;
l'aide en matériel.

Quant aux accords de défense, signés avec neuf Etats (Sénégal, Cote d'Ivoire, Djibouti, Gabon...) qui avaient fait l'objet du scénario 4 du Livre blanc de la défense de 1994, ils prévoient :
l'aide et l'assistance de la France en cas de troubles intérieures
le stationnement de plusieurs milliers de militaires français sur des bases ;
des interventions militaires.

Quel bilan pour ces accords ?

Au regard d'un simple bilan de cette coopération (ayant pour cadre juridique ces accords précités), on peut relever sa grande ambiguïté car elle n'a jamais été dans le sens de la démocratisation des pays africains. Pis, elle a servi les intérêts d'un certain nombre de chefs d'Etat protégés et soutenus par la France en dépit de leur politique désastreuse.

Sur le plan de l'aide à la formation des armées africaines, cette coopération a abouti à la constitution des armées monoethniques et tribalisées à la solde de ces chefs d'Etat. Elle a eu aussi pour dérive le développement d'une forme de mercenariat. En effet, les anciens coopérants militaires à la fin de leur mission préfèrent rester sur place pour continuer à remplir approximativement les mêmes taches à titre privé, notamment : formation des armées, formation à l'utilisation des armements, conseil pour les états-majors et le gouvernement.

La remise à plat des accords de défense implique aussi celle des accords d'assistance miliaire qui permettent à la France de continuer à former des militaires africains agissant comme des gardes prétoriennes ou des miliciens au lieu d'être de véritables forces républicaines et patriotiques travaillant pour des intérêts globaux de l'ensemble des populations.

La renégociation de nouveaux accords ne doit pas se faire sans qu'un bilan exhaustif ne soit fait des 50 ans de coopération militaire et de ces accords.

Quid de la transparence ?

Le président Sarkozy a promis qu'une fois les nouveaux accords renégociés, ils seront publiés « dans la transparence ».

Cette transparence implique le contrôle du pouvoir législatif en ce qui concerne les opérations extérieures résultant des accords précités. La mission d'information sur l'amélioration du contrôle parlementaire des opérations extérieures (Opex) conduite par la commission de la défense de l'Assemblée Nationale avait fait la proposition de contrôler ces opérations mais ce dispositif n'a jamais été mis en place. Les députés n'ont pu se prononcer sur l'opération « Licorne » qui avait mobilisé des milliers de soldats français en Cote d'Ivoire. Pas plus que l'intervention française au Tchad pour soutenir Deby n'a pas fait l'objet de débat à l'Assemblée Nationale. Les députés se contentant de poser de temps en temps des questions écrites ou des questions d'actualités. Mais quelques minutes par semaine ne suffisent pas pour comprendre cette politique et encore moins pour la contrôler.

La mission d'information avait aussi recommandé la publication des accords de défense avec leurs clauses secrètes. Recommandation qui n'a toujours pas eu d'application. Toute renégociation implique la publication de ces précédents accords.

La transparence doit aussi porter sur les archives de l'Etat portant sur les vingtaines d'actions militaires directes de France en Afrique d'où la nécessité de déclasser ces dossiers pour être consultables par tout le monde.

Renégocier les accords militaires avec les pays africains revient aussi à reposer le problème de la conception générale de l'Afrique dans la stratégie de la France comme puissance et acteur des relations internationales au moment où les Etats-Unis cherchent à implanter une base militaire sur le continent.

Les forces armées et de sécurité en Afrique ont été à l'origine de beaucoup de crises et continuent d'être des menaces à la démocratisation de nos pays. La renégociation des accords militaires doit se faire dans une perspective de prévention de ces crises et la démocratisation effective de nos pays.

Cela permettra d'éviter des situations comme le renversement du président élu Mahmane Ousmane au Niger (qui avait voulu reformer l'armée nigérienne par une restructuration de la configuration du commandement), l'assassinat du président hutu élu démocratiquement Melchior Ndadaye au Burundi par des militaires tutsi, les répressions sanglantes post-électorales traditionnelles ...

La rupture tant attendue dans la politique africaine de la France va-t-elle se faire avec la renégociation des accords militaires ? Nous attendons les actes pour y croire.

Avec qui va-t-on renégocier ces accords ? Quelle sera la légitimité de nos dirigeants dans ces négociations ? Quel est le calendrier ? Autant de questions dont dépendra l'avenir des accords militaires de la France avec les pays africains.

Komi TSAKADI, Lomé.



Source: http://www.agoravox.fr/article.php3
--

La Rédaction

La Chine avance ses pions

16-02-2008

Source: www.afriquecentrale.info

En République démocratique du Congo, comme partout en Afrique, la Chine avance ses pions face une Europe qui "perd du terrain", fait valoir l'homme d'affaire belge George Forrest. Sa société vient de céder indirectement à Pékin des intérêts dans des gisements de minerais.
"Le Congo a besoin d'infrastructures et les Chinois veulent faire du troc, échanger un financement contre des matières premières", explique-t-il, en disant "pouvoir comprendre la position du gouvernement" congolais.

Le groupe Forrest International, "premier investisseur et employeur privé" en RDC, selon son site internet, a conclu le 8 février un accord pour la rétrocession à la société publique congolaise Gécamines de deux gisements de minerai de la province du Katanga (est), Machamba et Kikuluwe.

Ces gisements, qui ne devaient pas être exploités avant les années 2020, appartenaient à Katanga Mining, propriété à hauteur de 24,5% du groupe Forrest.

En échange, Katanga Mining recevra, au plus tard en 2015, soit des gisements de cuivre et de cobalt, soit un versement de 825 millions de dollars, souligne l'homme d'affaires belge, dont l'entreprise fut créée en 1922 dans l'ancien Congo belge.

L'exploitation des gisements rétrocédés sera confiée à des entreprises chinoises, en échange d'importants travaux, dont la construction de routes.

"Les seules concessions déjà connues" pour permettre au gouvernement de RDC de réaliser ce troc, "ce sont les nôtres", ajoute l'homme d'affaires.

Jugeant le prix négocié pour les deux gisements du Katanga "corrects", George Forrest comprend que les autorités congolaises veuillent aller vite. "Avec nous, ils gagnent de l'argent, mais ce ne sont pas les milliards dont ils ont besoin".

Pour autant, à ses yeux l'Europe est trop frileuse. "Le problème des Occidentaux, c'est qu'ils mettent tellement de conditions -- la bonne gouvernance -- qu'ils n'investissent pas", dit-il.

"On perd pas mal de terrain et on risque de se faire dépasser", alors que l'Europe n'a pas de matières premières, souligne-t-il, tout en disant "rester confiant", même si "cela ne sera pas facile".

Les industriels chinois ou indiens "n'ont pas encore fait beaucoup de choses très positives" pour le développement socio-économique du pays, juge le patron belge.

"S'ils font ce qu'ils disent, cela pourrait changer", ajoute-t-il toutefois. "Il faudra notamment voir s'ils engagent de la main d'oeuvre locale ou chinoise".

A Kinshasa, les signatures d'accords se multiplient depuis six mois avec des investisseurs privés et publics chinois, portant sur des montants colossaux qui préoccupent les bailleurs occidentaux.

L'inquiétude porte notamment sur un protocole signé en septembre avec la banque privée chinoise Exim Bank, portant sur un prêt de 8,5 milliards de dollars pour la réalisation de travaux d'infrastructure et la relance de l'exploitation minière, partiellement remboursable en titres miniers.

Le Fonds monétaire international a mis en garde contre le risque d'alourdissement de la dette extérieure congolaise. Des hommes d'affaires congolais redoutent la mainmise sur les ressources naturelles nationales.

De son côté, George Forrest demande à Kinshasa d'assurer une plus grande visibilité pour les investisseurs. "Qu'on revoie les contrats (miniers), on est pas contre si les gens n'ont pas été corrects. Mais pas à chaque changement de gouvernement".

La RDC recèle d'immenses ressources naturelles, dont 34% des réserves mondiales connues de cobalt et 10% des réserves de cuivre.


Publié le 15 février 2008.

La Rédaction

Sommet de l'Union Africaine

26-01-2008

Préparatifs du sommet de l'Union africaine
Du 31 janvier au 02 février 2008

Le Comité des représentants permanents des Etats membres de l'Union africaine (COREP) a débuté ses travaux vendredi à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne, pour préparer le 10ème sommet de l'organisation dont le thème porte sur le développement industriel en Afrique.

Les participants aborderont des sujets aussi importants que les questions budgétaires, des contributions des Etats membres et le problème de recrutement du personnel de la Commission.

Sur ces questions les experts de l'Union africaine (UA) ont déjà élaboré des recommandations précises.

C'est ainsi que le sous comité des contributions a demandé au COREP d'appliquer des sanctions contre neuf pays qui totalisent des arriérés de contributions de plus de deux ans.

Il a aussi proposé la prorogation de l'exonération temporaire accordée à la Sierra Leone et au Burundi qui ont mis en oeuvre un échéancier de paiement de leurs contributions.

De même, le COREP est appelé à se prononcer sur le projet de budget 2008 ficelé par le sous comité consultatif sur les questions administratives, financières et budgétaires.

Les experts de l'UA ont procédé à des coupes importantes sur les propositions budgétaires formulées par les organes de l'organisation en proposant une croissance zéro pour le budget de 2008 par rapport aux crédits ouverts en 2007.

La situation des réfugiés, rapatriés et personnes déplacées en Afrique sera examinée sur la base des rapports produits par la Commission et le sous comité du COREP chargés du dossier des réfugiés.

Sur le plan économique, il sera dressé le bilan des divers partenariats stratégiques que l'UA a noués, notamment avec le Japon (TCAD IV), la Chine, l'Amérique du Sud, l'Inde et la Turquie.

Le partenariat entre l'Afrique et l'Union européenne (UE) fera l'objet d'intenses discussions à travers, entre autres, les rapports issus du deuxième Forum des affaires des deux parties et la question des Accords de partenariat économique (APE).

D'autres questions, non moins importantes, telles que la mise en oeuvre de la Déclaration solennelle de l'UA sur l'égalité du genre en Afrique ainsi que la proposition du Sénégal en faveur de la participation, en qualité d'observateur, de la Diaspora aux Assemblées des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UA, seront également débattues au cours du Comité des représentants permanents à l'issue duquel des propositions seront formulées pour être soumises au Conseil exécutif, organe composé des ministres des Affaires étrangères, qui se réunira dimanche.

Les décisions du COREP sont des recommandations jusqu'à leur adoption par le Conseil exécutif.

Ses pouvoirs et attributions sont de faciliter la communication entre la Commission et les Etats membres, superviser les activités de la commission, faciliter l'action et soutenir le Conseil exécutif dans l'exercice de ses pouvoirs et attributions.

Addis-Abeba - 25/01/2008

Par Ousseynou Guèye, Envoyé spécial de la PANA Addis-Abeba

Panapress

La Rédaction

Une inflation exponentielle

19-01-2008

Le Zimbabwe introduit de nouveaux billets avec six à sept zéros

HARARE (AFP) — De nouveaux billets allant jusqu'à 10 millions de dollars zimbabwéens seront mis en circulation cette semaine au Zimbabwe, pays ravagé par l'hyperinflation et les pénuries de monnaie, a annoncé mercredi le gouverneur de la Banque centrale.

"A partir de vendredi, la Banque centrale du Zimbabwe va émettre des chèques barrés à validité limité d'une valeur de 1 million de dollars (22 euros), 5 millions et 10 millions de dollars", a indiqué le gouverneur Gideon Gono, lors d'une conférence de presse.

"Pour soulager les transactions, les retraits d'argent liquide seront également portés de 50 millions à 500 millions de dollars zimbabwéens par individu et par jour", a-t-il ajouté.

Il y a un mois, le gouverneur avait déjà annoncé l'introduction immédiate de trois nouveaux billets, de 250.000, 500.000 et 750.000 dollars zimbabwéens, dans le but de soulager la pénurie d'argent liquide.

Cette mesure n'avait porté aucun fruit et les files d'attente devant les guichets de retrait des banques ont persisté.

"En tant qu'autorité monétaire, nous assurons à nouveau à la Nation que nous contrôlons complètement la situation monétaire de notre pays et qu'il n'est ni dans notre intention, ni dans notre philosophie de causer du tort à nos concitoyens", a déclaré Gideon Gono.

Le gouverneur, un proche du président Robert Mugabe, a de nouveau accusé "l'indiscipline" et "la corruption" des problèmes économiques du pays. La spéculation "est devenue endémique dans notre pays et elle perturbe désormais la libre circulation de l'argent liquide", a-t-il dit.

L'inflation ne cesse de battre des records au Zimbabwe, où les dernières statistiques officielles faisaient état d'un taux de 8.000%. Mais les économistes estiment que le taux réel pourrait frôler les 50.000%.

Le reste de l'économie ne se porte pas mieux avec un taux de chômage de l'ordre de 70%, un effondrement de la production et des rayons vides dans les magasins.

La Rédaction

L'armée congolaise au plus mal

28-12-2007

CONGO / La conférence sur la paix hypothéquée par la défaite militaire humiliante

COLETTE BRAECKMAN
L'armée congolaise rongée par le soupçon

Le Soir, jeudi 27 décembre 2007, 20:33

UN LOURD BILAN, humain et matériel. Après la débâcle du Kivu, l’état-major est sur la sellette. Premières sanctions.

AP
La conférence de paix sur le Kivu, dont l’ouverture officielle a été reportée au 6 janvier, risque fort d’être éclipsée par le malaise qui règne au sein des FARDC, les Forces armées congolaises, à la suite de l’humiliante défaite subie à Mushake.

Rappelons que depuis début septembre, le président Joseph Kabila avait choisi l’option militaire pour réduire la rébellion du général Laurent Nkunda, qui avait pris les armes pour défendre les Tutsis congolais qu’il assurait être menacés.

Désireux de rétablir l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire et de mettre en œuvre ses prérogatives constitutionnelles, le président Kabila était alors largement soutenu par son opinion publique, en particulier au Kivu, où il avait été élu à plus de 90 % sur sa promesse de rétablir la paix.

Cette initiative militaire était cependant désavouée par les Occidentaux : prônant une solution politique qui aurait répondu en partie aux exigences de Nkunda, ils avançaient les risques sur le plan humanitaire et mettaient en doute la probabilité d’une victoire. En septembre, afin de conjurer le président de stopper une offensive qui avait enregistré de premiers succès, les ambassadeurs occidentaux et le représentant de l’ONU, William Swing, se déplacèrent même à Goma. En novembre, les mises en garde se succédèrent et la reprise des hostilités – dont le déclenchement fut attribué à Nkunda lui-même – fut marquée par un impressionnant déploiement militaire congolais : plus de 20.000 hommes, payés et dotés de matériel neuf, encerclèrent alors les quelque 4000 rebelles de Nkunda.

Cependant, comme pour donner raison aux objurgations diplomatiques, les premiers succès furent rapidement enrayés : d’après des observateurs militaires, l’armée congolaise s’avéra en effet incapable de consolider des positions conquises trop rapidement, elle n’obtint pas le soutien de la Monuc – la Mission de l’ONU sur place – sur lequel elle comptait pour assurer ses arrières – les hélicoptères indiens refusèrent de prendre l’air et de fournir des compléments de munitions. Les Casques bleus se contentèrent finalement d’empêcher la chute de Sake et de Goma.

Mais surtout, il se confirme aujourd’hui que les Fardc furent victimes de trahison au plus haut niveau : à Mushake, où avait été dépêché le commandant en chef des forces terrestres, le général Gabriel Amisi dit « Tango Fort », des ordres contradictoires furent donnés, qui entraînèrent le repli des meilleurs éléments. On devait comprendre plus tard que les commandants de la plupart des brigades censées assiéger Nkunda étaient des officiers qui, comme Amisi, avaient naguère combattu à ses côtés dans les rangs de la rébellion et avaient été brassés ensuite, mais sans réellement rompre avec leur ancien compagnon d’armes !

Une Cour militaire qui vient d’être instituée au Nord-Kivu devrait pouvoir circonscrire ces trahisons mais déjà le général Amisi a regagné Kinshasa en état d’arrestation et a été placé en résidence surveillée en attendant le résultat des enquêtes.
Un autre officier de haut rang, le général katangais John Numbi, actuellement en charge de la police de Kinshasa, serait « en disgrâce ».

Ces mesures suffiront-elles toutefois à apaiser la grogne au sein de l’armée ? Le bilan des pertes, qui commence à être connu, est en effet catastrophique. Sur les six mille éléments des FARDC engagés dans la bataille de Mushake, la moitié a été mise hors de combat : 2.600 militaires ont été tués dont 2.000 policiers en tenue militaire et 600 éléments de la garde républicaine. S’y ajoutent 600 blessés pour lesquels une compagnie médicale a été dépêchée d’urgence à Goma.

En plus des pertes en vies humaines, un important matériel militaire a été saisi par les hommes de Nkunda, qui leur permettra de guerroyer pendant des années encore : 6 tonnes de munitions, y compris des munitions d’hélicoptères, 45 blindés, 20 lance-roquettes, 15.000 caisses de grenades, 6000 caisses d’armes type Fall. Le bilan fait même état de 15 missiles sol air, mais on se demande pourquoi de telles armes auraient été envoyées au Kivu contre un adversaire qui pratique la guérilla et ne dispose ni d’armement lourd ni de moyens aériens…

L’ampleur de la débâcle et la saisie par l’adversaire d’un lot important de matériel neuf fait penser à une autre catastrophe militaire qui, en son temps, avait marqué le début de la fin pour Laurent Désiré Kabila, assassiné quelques semaines plus tard : la bataille de Pweto au Katanga, en novembre 2000. Joseph Kabila et le général Numbi avaient alors dû fuir en hélicoptère…

Le poison du soupçon ronge actuellement la très fragile armée congolaise dont bon nombre d’officiers sont issus des anciens groupes rebelles, les Katangais et les anciens militaires mobutistes déplorent avoir subi le gros des pertes et sur le front, les désertions sont massives tandis que des remous agitent les camps militaires de Kinshasa…

Si la conférence de paix de Goma a été reportée, c’est peut-être aussi parce que la moindre concession accordée à Nkunda et aux siens alimenterait le soupçon de trahison au plus haut niveau et provoquerait des remous au sein d’une population humiliée par la défaite de son armée et privée des dividendes de la démocratie

La Rédaction

Quand l'Afrique se soustrait à la marche d

14-12-2007

Objet : Analyse strategique des Enjeux Mondiaux et de l'Afrique
Quand l'Afrique se soustrait à la marche du Monde
De : gongo gomes lopes [mailto: gomes_tino@yahoo.fr ]

Envoyé : dimanche 2 décembre 2007 22:10 :

Quand l'Afrique se soustrait à la marche du monde: de nouveaux esclaves?!! Il arrive dans la vie qu'une conversation banale nous secoue pendant des heures voire des jours.
J'attendais tranquillement un ami au terminus d'autobus de Montréal quand un monsieur d'un certain âge a pris place à mes côtés avant d'engager l'une des conversations les plus enrichissantes de ma vie.
Professeur d'études stratégiques dans un institut international, l'homme connaît le continent africain comme le fond de sa poche. Son analyse, son point de vue sur notre avenir, donne froid dans le dos. Et s'il vous plaît, ne sortez pas la rancune du «colon nostalgique».
Lisez avec la tête et la raison ce qu'il dit. Je vous rapporte fidèlement ses constats:
«Cela fait maintenant plus de 25 ans que j'enseigne la stratégie. Dans ma carrière, j'ai eu affaire à des dizaines d'officiers et de hauts fonctionnaires africains. Je suis malheureusement obligé de vous dire ceci: du point de vue des études stratégiques, de l'analyse et de l'anticipation, je leur donne un gros zéro pointé.
Nos stagiaires africains sont très instruits, ils ont de belles tenues militaires ou manient le français de manière remarquable, mais, dans les cours, ils ne nous apportent rien. Tout simplement, parce qu'à ma connaissance, dans toute l'Afrique francophone, il n'y a pas un seul centre d'études stratégiques et internationales avec des vrais professionnels à leur tête.
Je vais vous expliquer pourquoi je n'ai aucun espoir pour ce continent. Au moment où je parle, le monde fait face à trois enjeux principaux : l'énergie, la défense stratégique et la mondialisation. Donnez-moi un seul cas où l'Afrique apporte quelque chose. Rien. Zéro. Commençons par l'énergie et précisément le pétrole. Tous les experts mondialement reconnus sont unanimes à reconnaître que d'ici 15 à 20 ans, cette ressource sera rare et excessivement chère. En 2020, le prix du baril tournera autour de 120 dollars. C'est conscients de cette réalité que des pays comme les USA, la France, la Chine, le Royaume Uni, etc. ont mis sur pied des task force chargés d'étudier et de proposer des solutions qui permettront à ces nations de faire main basse sur les ressources mondiales, de s'assurer que quoi qu'il advienne, leur approvisionnement sera assuré.
Or, que constate-t-on en Afrique ?
Les dirigeants de ce continent ne sont même pas conscients du danger
qui les guette : se retrouver tout simplement privé de pétrole, ce qui signifie ni plus ni moins qu'un retour à la préhistoire !
Dans un pays comme le Gabon qui verra ses puits de pétrole tarir dans un maximum de 10 ans, aucune mesure de sauvegarde, aucune mesure alternative n'est prise par les autorités. Au contraire, ils prient pour que l'on retrouve d'autres gisements. Pour l'Afrique, le pétrole ne
comporte aucun enjeu stratégique : il suffit juste de pomper et de vendre. Les sommes récoltées prennent deux directions : les poches des dirigeants et les coffres des marchands d'arme. C'est pathétique.
Ensuite, la défense stratégique. L'état de déliquescence des armées africaines est si avancé que n'importe quel mouvement armé disposant de quelques pick-up et de Kalachnikov est capable de les mettre en déroute. Je pense qu'il s'agit plus d'armées de répression intérieure que de guerre ou de défense intelligente. Pourquoi ? Parce que, comparées aux armées des nations développées, de la Chine, de l'Inde ou du Pakistan, les forces africaines rappellent plus le Moyen âge que le 21e siècle. Prenez par exemple le cas de la défense anti-aérienne. Il n'y a quasiment aucun pays qui possède un système de défense équipé de missiles anti-aériens modernes. Ils ont encore recours aux canons antiaériens. Les cartes dont disposent certains états-majors datent de la colonisation ! Et aucun pays n'a accès à des satellites capables de le renseigner sur les mouvements de personnes ou d'aéronefs suspects dans son espace aérien sans l'aide de forces étrangères.
Quelle est la conséquence de cette inertie ?
Aujourd'hui, des pays comme les États-Unis, la France ou le Royaume-Uni peuvent détruire, en une journée, toutes les structures d'une armée africaine sans envoyer un seul soldat au sol. Rien qu'en se servant des satellites, des missiles de croisière et des bombardiers stratégiques.
A mon avis et je crois que je rêve, si les pays africains se mettaient ensemble, et que chacun accepte de donner seulement 10 % de son budget militaire à un centre continental de recherche et d'application sur les systèmes de défense, le continent peut faire un pas de géant. Il y a en Russie, en Ukraine, en Chine, en Inde, des centaines de scientifiques de très haut niveau qui accepteraient de travailler pour 3000 dollars US par mois afin de vous livrer des armes sophistiquées fabriquées sur le continent et servant à votre défense. Ne croyez pas que je rigole. Il ne faut jamais être naïf. Si la survie de l'Occident passe par une recolonisation de l'Afrique et la mainmise sur ses ressources naturelles vitales, cela se fera sans état d'âme. Ne croyez pas trop au droit international et aux principes de paix, ce sont toujours les faibles qui s'accrochent à ces chimères. Je pense qu'il est temps de transformer vos officiers
(dont 90 % sont des fils à papa pistonnés qui ne feront jamais la guerre et je sais de quoi je parle) en scientifiques capables de faire de la recherche et du développement. Mais, je suis sceptique. Je crois que ce continent restera enfoncé dans le sommeil jusqu'au jour où le ciel lui tombera sur la tête.
Enfin, la mondialisation. Malheureusement, comme dans tous les autres sujets qui ont fait leur temps, les stagiaires africains que nous recevons sont d'excellents perroquets qui répètent mécaniquement les arguments qu'ils entendent en Occident. A savoir, il faut la rendre humaine, aider les pays pauvres à y faire face. Vous savez, dans mes fonctions, il y a des réalités que je ne peux dire, mais je vais vous les dire. La mondialisation est juste la forme moderne de perpétuation de l'inégalité économique. Pour être clair, je vous dirai que ce concept à un but : garder les pays pauvres comme sources d'approvisionnement en biens et ressources qui permettraient aux pays riches de conserver leur niveau de vie. Autrement dit, le travail dur, pénible, à faible valeur ajoutée et impraticable en Occident sera fait dans le Tiers-monde. Ainsi, les appareils électroniques qui coûtaient 300 dollars US en1980 reviennent toujours au même prix en 2006. Et puisque l'Afrique n'a toujours pas un plan cohérent de développement économique et d'indépendance, elle continuera à être un réservoir de consommation où seront déversés tous les produits fabriqués dans le monde. Pour moi, l'indépendance signifie d'abord un certain degré d'autonomie. Mais, quand je vois que des pays comme le Sénégal, le Mali, le Niger, le Tchad ou la Centrafrique importent quasiment 45 % de leur propre nourriture de l'étranger, vous comprendrez qu’un simple embargo militaire sur les livraisons de biens et services suffirait à les anéantir.
Pour terminer, je vais vous raconter une anecdote. Je parlais avec un colonel africain venu en stage chez nous il y a quelques mois. Nous regardions à la télévision les images de millions de Libanais qui défilaient dans les rues pour réclamer le retrait des soldats syriens de leur pays. Je lui ai demandé ce qu'il en pensait. Il m'a répondu : « Les Libanais veulent retrouver leur indépendance et la présence syrienne les étouffe». C'est la réponse typique de la naïveté emprunte d'angélisme. Je lui ai expliqué que ces manifestations ne sont ni spontanées ni l'expression d'un ras-le-bol. Elles sont savamment planifiées parce qu'elles ont un but.
Israël piaffe d'impatience d'en découdre avec le Hezbollah et puis que Tel-Aviv ne peut faire la guerre en même temps aux Palestiniens, au Hezbollah et à la Syrie, son souhait est que Damas se retire. Une fois le Liban à découvert, Israël aura carte blanche pour l'envahir et y faire ce qu'elle veut. J'ai appelé cet officier avec qui j'ai parlé il y a deux jours pour lui rappeler note conservation. Malheureusement, il était passé à autre chose. Son stage ne lui a servi à rien.
J'espère vraiment qu’un jour, les Africains auront conscience de la force de l'union, de l'analyse et de l'anticipation. L'Histoire nous démontre que la coexistence entre les peuples a toujours été et sera toujours un rapport deforce. Le jour où vous aurez votre arme nucléaire comme la Chine et l'Inde, vous pourrez vous consacrer tranquillement à votre développement. Mais tant que vous aurez le genre de dirigeants que je rencontre souvent, vous ne comprendrez jamais que le respect s'arrache par l'intelligence et la force. Je ne suis pas optimiste. Car, si demain l'Union africaine ou la Cédéao décide de créer un Institut africain d'études stratégiques crédible et fiable les personnes qui seront choisies se précipiteront en Occident pour apprendre notre manière de voir le monde et ses enjeux. Or, l'enjeu est autre, il s'agit de développer leur manière de voir le monde, une manière africaine tenant compte des intérêts de l'Afrique.
Alors, les fonctionnaires qui seront là, à statut diplomatique, surpayés, inefficaces et incapables de réfléchir sans l'apport des experts occidentaux se contenteront de faire du copier-coller, ce sera un autre parmi les multiples gâchis du continent. Avant que vos ministères des Affaires étrangères ne fassent des analyses sur la marche du monde, ils feraient mieux d'en faire d'abord pour votre propre
intérêt».
SVP Veuillez transmettre ce message aux amis et connaissances africains et à tous ceux qui se soucient du réveil de l'Afrique.
E'nkul E.Kanakan Healthy for Life - La Sante a vie.

La Rédaction