Le FRODEBU, parfait bouc émissaire.

23-09-2008

Le Gouvernement du Burundi réagit sur la Déclaration de l'ICG du 19 août 2008



MINISTERE DE L'INFORMATION, COMMUNICATION ET RELATIONS AVEC LE PARLEMENT CABINET DU MINISTRE

Bujumbura, le 19 septembre 2008

La mauvaise fois de l'ICG( International Crisis Group)dans son Briefing Afrique N°53 du 19 août 2008 intitulé Burundi : Renouer le dialogue politique

MISE AU POINT

1.Le Gouvernement du Burundi est consterné par le contenu du Briefing Afrique n° 53 publié par International Crisis Group (ICG) publié le mois dernier. Certaines de ces informations sont erronées, d'autres sont contradictoires. La forme et le contenu de leur briefing renseignent sur la tendance de ceux qui l'ont rédigé et peuvent affecter la crédibilité de cette Organisation qui se dit indépendante. Certains des termes utilisés comme impasse politique, rupture de dialogue, situation confuse et dangereuse, etc… ne correspondent en rien à ce qui se passe réellement sur le terrain. Le Gouvernement s'étonne que de telles accusations surgissent au moment où la communauté internationale s'accorde à affirmer que des progrès ont été enregistrés dans le domaine politique, économique et social dans le seul objectif est de relever un pays qui a connu une crise politique très profonde. Certes, le Burundi n'est pas un paradis, mais pas non plus un pays où rien ne va .

2. Les auteurs de ce briefing et leurs informateurs faisant exception, qui d'autre peut nier que le cadre de dialogue politique en cours au Burundi est une réalité ? Ne rassemble-t-il pas souvent tous les acteurs de la vie nationale catégorie par catégorie sous l'encadrement d'experts nationaux et étrangers choisis pour leur expérience et leurs capacités particulières ? Les débats souvent organisés par ces experts ne sont ils pas libres et à l'abri de toute censure ?

La liberté d'opinion et d'expression n'est plus à démontrer, au Burundi. Les politiciens, les journalistes, les représentants de diverses associations et congrégations religieuses ainsi que les simples citoyens s'expriment librement. Quelques fois certains, pour diverses motivations, par simple ignorance, se permettent même des langages « provocateurs » sans être inquiétés.

L'exercice de la démocratie est assez jeune au Burundi, le Gouvernement l'a vite compris et a opté pour la patience et plus de compréhension.

Le document de l'I.C.G sème une confusion voulue entre les rôles du parti au pouvoir et celui du Gouvernement pourtant multipartite :.

3. Du Titre« renouer le dialogue » Au moment même où le rédacteur publiait son rapport, les partis politiques, les membres du parlement, la Société Civile , les hommes et les femmes des médias et bien d'autres se succédaient à Gitega et ailleurs pour échanger sur la vie du pays, émettre des propositions et recommandations dans le seul but de consolider la paix. Ce cadre permanent de dialogue est une initiative de Son Excellence le Président de la République Pierre NKURUNZIZA qui passe la plupart de son temps avec la population aux fonds fins du pays. Du jamais vu dans notre pays. Ce cadre de dialogue vient compléter d'autres types de pourparlers par lesquels sont nés le Gouvernement actuel, l'administration territoriale mais aussi le Parlement même si au niveau de l'Assemblée Nationale les spéculations personnelles n'ont pas permis l'aboutissement à une conclusion sans difficultés. Point donc pas de raison d'afficher un titre qui parle de renouer un dialogue qui n'a jamais été rompu. Le débat aurait plutôt porté sur les raisons qui ont fait qu'un si long dialogue n'aboutisse pas toujours aux résultats escomptés. En effet, le non aboutissement du dialogue était voulu et entretenu par ceux qui trouvaient intérêt dans le blocage des institutions. Le dialogue n'a donc pas été rompu : c'est la mauvaise foi de quelques politiciens qui ont bloqué l'aboutissement puisqu'ils voulaient lui donner une autre orientation. Par exemple, réclamer l'élargissement du Bureau de l'Assemblée Nationale en dehors de toute légalité revenait à mettre fin aux acquis des élections de 2005.

4. Dire que la question de « l'intégration du mouvement rebelle dans les institutions politiques et les corps de défense et de sécurité n'est toujours pas réglée » est une approche négativiste quand on sait que l'I.C.G n'ignore pas que la marche vers l'intégration a commencé. En effet, le rassemblement à Rugazi (Bubanza) est un début de processus vers l'intégration via le cantonnement. Qui plus est, le Président de la République reçoit deux fois par semaine le leader du PALIPEHUTU-FNL afin de lever ensemble les obstacles au processus vers l'intégration. Mais les conditions illégales et inconstitutionnelles que donne le ce Mouvement devraient être remarquées par I.C.G Ici apparaît donc le refus de l'I.C.G de voir la réalité en face malgré tous les efforts que le Gouvernement déploie pour amener le Mouvement PALIPEHUTU –FNL à se joindre à la table des négociations.

5. S'il est vrai que les contradictions ne peuvent pas manquer entre les partis politiques membres d'un Gouvernement d'union nationale, on ne peut honnêtement parler de « crise » et encore mois parler « de crise politique dangereuse ». L'ICG semble donc ignorer que les contradictions s'avèrent indispensables dans toute démocratie afin qu'en découlent des changements positifs.

6. Le Rapport évoque aussi entre autre, l'absence des partis FRODEBU et UPRONA dans « l'Administration et la haute fonction publique et parapublique ». La réalité est que la représentativité dans l'administration de base, au Parlement et même au Gouvernement est le fruit des élections de 2005. Mais force est de constater qu'au niveau de l'Administration territoriale, des Gouverneurs de provinces issus de l'UPRONA, du FRODEBU et même du MRC ont été nommés après de larges consultations entre ces Partis politiques et S.E le Président de la République dans l'intérêt supérieur de la Nation. Seuls les correspondants de l'ICG et leurs acolytes se refusent de le remarquer. Aujourd'hui, le FRODEBU se réclame encore de l'opposition radicale et se comporte comme tel, alors qu'il fait partie du Gouvernement et des autres institutions administratives. Si la rigueur des règles du jeu n'est pas appliquée, c'est pour donner la chance à la consolidation de la paix et à la jeune démocratie au Burundi.

7. De ce qui précède :

Quel intérêt trouve International Crisis Group à faire peur à la population en la mettant en garde contre un désastre imaginaire dont elle ne dispose d'aucune preuve pendant que même les derniers obstacles, en l'occurrence la guerre du PALIPEHUTU FNL, sont entrain d'être levés. D'où vient ce fameux réflexe du FRODEBU et de l'ICG de penser à une armée d'interposition dont les burundais n'ont pas eu besoin pendant la phase de cantonnement de belligérants ou encore moins en 1993 lorsqu'il fallait non seulement protéger les élections mais aussi et surtout les institutions issues de ces élections ; bref, protéger la Démocratie ?
Il y va du mépris contre un peuple lorsqu'on lui promet une surveillance militaire après qu'il ait trouvé son propre compromis. Les rédacteurs du Briefing N° 53 ignorent les efforts que le Président NKURUNZIZA et son Gouvernement ont déployés pour harmoniser cette armée et cette police devenues aujourd'hui acceptables et acceptées en si peu de temps. L'ICG aurait dû trouver mieux de proposer leur professionnalisation par la formation, l'équipement pour les rendre moderne plutôt que de les déclarer démissionnaires devant une mission qui est la leur.
Il n'est pas sain que l'ICG soit utilisé pour affirmer que le mal des forces de l'ordre et de sécurité actuelles réside sa loyauté, oubliant ainsi l'histoire récente du pays.

Par ailleurs, les accusations sur des cas d'assassinat de responsables locaux sont gratuites et manquent d'objectivité. Nous invitons les responsables de l'ICG à visiter le fond du Burundi pour se rendre compte que la plus part des chefs locaux assassinés ou blessés sont des membres actifs du CNDD-FDD. Il s'agit notamment du chef de zone de MUTAMBU, des chefs des collines Gihanga, Rubira, Nyamabere, du quartier Teza à KAMENGE mairie de Bujumbura et bien d'autres. Le Gouvernement déplore l'assassinat des innocents. Voilà pourquoi il continue son programme de désarmement, qui d'ailleurs a déjà porté des fruits .

CONCLUSION

Des rapports non objectifs déversés dans une société encore fragile comme celle du Burundi peuvent être incendiaires. Ce cri de fausse alarme lancé par I.C.G peut être dangereux pour un pays qui se remet d'une crise grave et profonde. Ceci qui constitue un manquement grave à la mission d'une Organisation qui a comme but la prévention et résolution des conflits.

Nous exhortons l'administration, les partis politiques, la Société Civile , les Medias et tout burundais épris de paix, d'éteindre ces foyers de feu allumés par des analystes qui désinforment pour ternir l'image de notre pays. Enfin, il importe de souligner que l'approche de l'I.C.G sur la situation au Burundi manque d'objectivité et d'équilibre quand il passe sous silence les réformes entreprises par le Gouvernement dans tous les secteurs afin de faire bénéficier à la population les dividendes de la paix

La rédaction